poematique expiraTOIre
comment ferez-vous encore l'amour sans nos mains? où irez-vous le corps errant, tronc des pauvres parmi les arbres, mendicité tendue sur un seul regard? la bouche, la bouche est une sébille de fou qu'on remplit avec des nuages et le sucre de la neige.comment...
voici les remontées mécaniques, l'escalier et ses dents ripées sur le ciel. je monte mon corps à la pompe à bras. c'est un matin dans les répétitions d'un seul morceau, avec son chat mouillé revenant des chasses et son chapelet d'empreintes aux coussinets....
il a dit que Dieu fait l'amour la lumière allumée. c'est à la torche qu'il faut chercher l'autre peau, entre huile bouillante et huile peinte, quelque chose qu'on fait pour déchirer la nuit, et le froid aussi. il y a un urgent besoin de remettre la chair...
s'il y avait un avenir pour les femmes, je finirais baleine sur le dos, léchant la frise de la lumière. oh! rouler des pelles à des bancs de poissons, visser les vagues et chanter comme un violoncelle qui aurait baisé avec un susaphone. j'aimerais couler...
de quoi parlent-ils?je tends l'oreille. je lis le murmure des charpentiers sur le toit qui grandit face au matin. ils tapent en tête bêche, et cette légère distance du son et de la vue, la désynchronisation de l'aube. le bruit de l'effort, ces projectiles...
retourner au soluble, la nuit attend. je jette le cachet de farine dans ma tisane. solide.liquide. je vais entrer dans mon lit, rivière poissonneuse, je suis la sirène de quelques frétillements de coton. j'ai des amours continentales, pleines charrues...
je fais partie d'un monde où l'on doit s'ouvrir les pores à la main, par où voulez-vous que respire la lumière? le livre des volets est toujours au signet. c'est un almanach qui parle de terre, de buis et de saisons. je jardine le ténu de soleil. tout...
me tirer des turbulences du luxe du temps et du silence. le hasard fait ses retraites spirituelles. j’y vis pendant quelques jours au moins, me prenant pour ces hommes ou ces femmes parfaitement appliqués . suivre les processus des laboratoires, dévoués,...
il pleut sous ma fenêtre. c'est un bouleau qui tombe. ses feuilles en ribambelles, des guirlandes de fête des guirlandes d'ordinaire, vert argent tombant du ciel. la Maison- Dieu est là-haut, quelque part dans la ligne de tir de sa cime. lui, trop près...
Ma concierge. Déjà à cet étage, il y a matière à discuter, à parloter, à cancaner si utile. Je pourrais en faire une confidente, une présence sémaphorique dans mon impasse. La couleur du vin ou celle de monsieur Propre ; tous les lieux communs de la physiologie...
est-ce en disant le matin qu'on lève des histoires? il fallait engrosser le monde d'amours imaginaires, remplir le ventre de l'éternel, avec des seringues neuves, des injections foetales. c'était le sens même de ma vie d'ouvrière. le grand économe du...
eros est un spasme, un bruit de cils, le début d'un mot qui s'oublie et s'étiole sur le bord des lèvres...eros se tient dans les abords du trottoir, quand la rue est trop vaste et qu'il faut choisir cet endroit de frôlement et de bousculade.la rue. eros...
j'ouvre le cahier. ..."c'était roux," disait-il. avons-nous tous de ces liaisons secrètes avec le vent ? ces coups de gueule écornant nos chapitres la liberté la liberté! avons-nous tous en nous de ces rencontres allègres, où se dissolvent les images,...
et puis un jour aimer est devenu un verbe irrégulier, avec des conjugaisons hasardeuses et des terminaisons imprévues. il fait partie des exceptions, des sous- groupes, de nos participes sans accord. on tient à peine dans sa grammaire, on est en fin de...
le jour de congé. on le commence avec une belle et bonne volonté, non ? on s’est levé avec allant et aux ordres de la correcte attitude : le bon manger, le bon laver, le bon peigner etc. on a choisi de ne pas se laisser aller, de ne pas faire le traîne-...
est-ce que ce sont mes doigts, mes doigts qui décident de ma phrase? est-ce qu'ils traverseront le clavier en sautant, touche à touche, avec ce petit bout d'extase que ça va leur donner quand tout sera aligné. je ne regarde rien, l'écran invisible. je...
à mi-parcours, je rebrousse le désir. faut l'enrouler soigneusement, "l'enrouleau de chemin". que se tiennent bien jointes mes paroles et mes cris, les lèvres scellées dans le tube, le kelim de soie tissée, les lignes vagabondes, tout ce que voulait mon...
Revenir sur les lieux. Vérifier qu’entre-temps rien n’a changé, que le paysage est le même, qu’on n’a rien touché à la belle composition, à cette nature morte dans laquelle vous êtes. Y aller régulièrement, c’est votre TOC existentiel. Comme si le gaz...
faire tourner les tables. dans quel sens? du bois debout, du bois de long? je teste en faisant. c'est le monotone chapitre des méthodes d'apprentissage. je chemine jusqu'à l'ivresse autour de ma table. elle n'a rien de rond. l'octogone piqué d'angles...
bise noire, celle qui passe derrière la maison, qui enfle le portail et donne à mes arbres de construire des églises. elle est dans ma chemise, une rame de souffles bruts, tramant son guet-apens. gonfle poisse, du flan des vannes à flop de peau. j'ai...
vous en connaissez vous des jours qui ne sont pas ordinaires...? n'ont-ils pas tous quelque chose qui débute au même endroit et se dévêt sur votre chaise...? ils ont une sorte de forme dans laquelle vous les poussez : qu'ils s'adaptent bon sang à votre...
retour à l'été. grande chaleur toute droite et fière et ciel intense. le bon côté des choses, le bord doré des porcelaines. terrasse et bain mousse de soleil. lumières! lumières! crie-t-on sur le plateau et le cinoche commence. un de ces feuilletons de...
mains fraîches, trempées neuves dans l'eau, tignasse gonflée, toutes mes idées syncopées à la caféïne, j'engage l'âme à passer la porte. quoi dehors? quoi là-bas qui ne soit possible? le seuil est sombre et l'allée des confréries de la nuit comme un pont...
tout le jour j'ai cherché une mélodie, un mouvement qui aurait poussé dans mon corps avec une route, des arbres ou une maison, là-bas. j'ai écouté, j'ai ruiné mes efforts. rien n'est venu que cette vergogne ancienne, comme on parle de souche mère; me...
s'il y a une chose que j'adôôôre c'est quand les femmes se mettent à polycopier des pensées sur la manière d'être pour plaire "vraiment" aux hommes. on a déjà à faire naturellement à tout le processus apparent. faut s'habiller comme ceci, se coiffer comme...