poematique expiraTOIre
incantations ramasse-miettes des neuvaines ordinaires je balance sur des socles de toupie et la pluie qui tourne tout autour des nuages répliques sans fin des séismes de gorge comme si je pliais à la chaîne la toile du ciel petit vaudou battant campagne...
tu le sais n'est-ce pas tu le sais ce qu'ils sont ces mots ce dépôt de vent entre les doigts la saison des nasses froides où chacun embarque de banquise tu le sais n'est-ce pas tu le sais ce qu'ils sont la cage de glaçons où s'étiolent les lèvres le temps...
quand tout était simple qu'il n'y avait aucun passeport dans les barbelés du vent quand nous étions libres avec des vapeurs de fontaines le cresson frais de vivre quand tout était simple posé entre les mains ma robe fine et ces bretelles pour nous perdre...
Les jours sans minerve avec des lisières décoiffées et des nervures sous le menton j'ouvre un oeil comme un pinçon de rêve après ma longue marche sur la montagne d'émeraude Dieu est un bon garçon un revenu honnête et l'amour de synthèse je malaxe son...
pilleurs d'épave, pilleurs de sangs aux petits doigts grignoteurs, grailleurs de blessures. ça fouille. ça grouille dans mes vers. ça me regarde m'ébrécher lentement, mes fissures ridicules mon sentiment décomposé. pilleurs passant d'une main à l'autre...
deux indulgences pour une soupe deux doigts d'effervescence dans le vin du soir les brûlés se donnent aux fontaines les errants à la cage des oiseaux les écorchés au linceul et les perdus à la folie du jour le temps ne m'est pas plus prospère économe...
Pieu de temps. la terre se dresse droit debout. Ce passage enlacé à tourner tout autour. j'ai apporté un sac précieux à disperser dans le jardin quelques essences au parfum irréel, la tige des hasards chevillée dans mon bois. vous n'avez rien vu trop...
trouble circulatoire. stases entre la langue et le pas. carambolage bouchon. rien ne passe et ce mal qui bouffe mes veines et le pouls. strangulé garrot, je tente la sortie. compressée engainée, mon corps opprimé, sang fou caillé. coeur rétréci jour à...
je ferme les yeux..allez! toi aussi allez! ferme les yeux. et voilà maintenant sens que j'approche que c'est lent et désirable que je suis à un mot de ta peau. pelisse de paumes sur ton entour. sens que je dépeause ma main, fraîche sur ton dos. c'est...
es-tu pareil, créateur démodelant sans cesse ses architectures? je crois, comme s'agrippent les mycéliums entre les humus, ongles avares sous les arbres, à l'incantation et l'encens. et te redis sans cesse. mais sors-tu des brumes que j'évente des mains...
posé sur le front du matin le bracelet des mots qui dorment. mais que passe le flux des respirations secrètes... "la mort n'existe pas" me tape aux tempes. dans l'occiput, une injection d'Autre Part, brûlant les méandres du rêve, les grises conduites...
blog blog blog, cela goutte. je laisse d'un gros stalactite s'épancher le coeur glaçon. trop plein sur un trou vide. c'est le principe du donnant perdant. j'essore mon iceberg. il pleut sur la terre ferme. cela ne coûte qu'un voyage de gulf stream, un...
On détaille le vent, forces estampillées comme des millésimes de mikados : les arbres chutent-ils mieux encore qu’en décembre. J’évite de dresser mon parapluie dans cette sauvagerie. Tout gueule et je ressens un instinct de radiateur me saisir aux mollets....
bureau gelé sous les combes du vent. un froid indiscret qui passe sous les fenêtres et coule avec la pluie. tempête ordinaire.j'ai quitté mes vacances, ma villégiature de chat. féline et moi à nos confidences toujours en résidence de chaleur angora. elle...
bien sûr cette odeur de lait cet acide qui monte entre moi. comme un fluide aigre. comment ne pas le sentir. j'ai bien trop d'amertume pour faire un dessert bien trop d'odeur même, de fumée un reste froid d'anciennes visites. bien sûr que je comprends...
maintenir la position. tenir sa monture les doigts dedans tordue vissée de vent et de chahut.qu'importe qu'importe qui se dit en deux temps, l' un, sûr et l'autre, incertain murmure.. maintenir le front buté, un crâne dans l'avenir et une poussée de porte....
les mots tombent comme l'horloge de mer un tic tac d'eau et de sel dans le cristal de tes coupes cette langue sape de nacre une douleur sale dans les couveuses de la fête le bris des poètes mousse d'écume en chevrons de vaincus la salive de cils secrète...
il y a des mots qui te vont tu les endosses peau à peau c'est toi des mots source des mots cailloux des nids stellaires et des amulettes dont tu ceins l'avenir tu viens de loin et cette halte parmi les arbres n'est qu'un soupir de sommeil ange cyclope...
sans l'autre, sans mon frère l'amour, je meurs de soif et mon esprit ne connaît plus aucun dieu, je ne porte plus ma vue au ciel, je perds d'eau en eau mon parcours de rivière, je suis dissolue. sans mon homme l'humain, sans sa voix pour toujours tout...
je suis ta soeur ton andalouse tes fripes sales ton coeur au sel matines pures matines froides ton corps lourd ton corps gabelle je suis ta peau tes os ton ventre ton univers entre deux planches ta cabale de pétards la suie brûlante du blizzard je suis...
miroir sur la table des cartes navigation de transparences dans ces reflets tourne un cheval à la longe et glissent sans bruit des sabots de sable dans les verreries de feu miroir symétrie tout ce qui est essentiel se voit double *** éboulis de sablier...
j'ai mes lacs émiettés mon froid d'outre saison, il neige du flocon grand crû, une espèce velue d'anges en fuite. j'ouvre la bouche sur la soif. dedans ces éclats de gelure qui pétillent, apéro de vertige. tendre le cou longtemps à cueillir ainsi un étanchement...
ai-je un instant, un lever de main sur l'horizon, l'alerte d'un tempo pour t'attendre? ai-je un son entre rondes et blanches qui me donnerait un espace entre tes bras? un soupir peut-être... devrais-je me départir des désirs sans t'avoir jamais troublé?...
petite sublimation de thé, vapeurs vertes grimpant les heures vagues. je goûte l'astringence et cette bouche en absence d'effusion ma langue s'emplit d'un drôle de vocabulaire, papilles papyrus roulées sur des parfums d'eau je m'élide comme une question...
je pose mon coeur dans vos mailles grises couche d'oiseau à la chaîne j'ai le temps à user longue nuit à la lime avec son libellé de rouille sur mes doigts l'hiver nous couvera chauds bateaux des fontes glacières ou passagers de soleil garde-moi même...