poematique expiraTOIre
de la bogue du songe me décider à l'étirement. commencer en bas par ces chevilles qui m'ont nouée aux prophéties noctambules. faire courir l'onde électrique entre les empilements de noirs. les feuillets de désir sont tombés les uns sur les autres, au...
jouer au chat et à l'oiseau, le ciel tout tissé d'hirondelles. elles dansent et sarabandent devant moi, la vue comme un filet, tressé fort à coups d'ailes. c'est du crochet acrobatique dans lequel je coule comme une maille entre des becs et des aiguilles....
ne plus marcher ne veut pas dire ne plus danser je ne marche plus mais j'ai le parapluie mauve des pieds en déséquilibre tu ne veux pas voir mes jupons de godille ne serai pas ta femme aux vertus volantées ne serai pas ta petite jument entre deux nuages...
un jour, c'est exact précis, impossible de ne pas s'en souvenir, de ne pas marquer cet instant en soi, avec son îlot de cailloux blancs, un jour, vous avez définitivement rompu l'amarre, soit parce que vous le vouliez soit parce que le temps avait décidé...
un matin en robe de plomb, ma pensée voûte les épaules. il aurait fallu si peu de choses... ce que je me dis quand je vois mes mots revenir les mains vides et le filet percé. ils ont probablement monté le courant, léché une autre terre, mais je suis dans...
je n'avais encore jamais remarqué comme le vent fait un bruit de sel que l'on vide dans un pot. ou de sucre dans les feuilles. il agite les arbres. grain à grain. j'aimerais vider des sacs de vent que j'aurais postés sur mon épaule. je marcherais ainsi...
remonter à la brasse la lumière. chaque rêve est une source aux radicelles innombrables. je bouffe je mastique j'avale je digère. lombric de l'enfance. tous ces terrains de soleil dans lesquels il y a ma biologie animale et cachée dedans peut-être , cette...
vous n'en ferez rien de ce petit dernier, ce jour blond qui est en train de foncer avec l'âge, ou avec la sagesse mauve de la nuit, pour vous quitter ensuite sans même vous dire adieu, quand vous serez juste assez lasse d'avoir encore enfanté et que viendra...
et puis la nuit, pierre à pierre, a construit sa cathédrale, ses chapelles ardentes où s'aiment et se chevauchent les gisants. elle a pavé les nefs aortiques, les pèlerinages laborieux et ces labyrinthes où courent les enfants. la nuit a posé la chape...
chambre noire. tous tes jours en négatif sur mes murs. je broie l'intense épaisseur de ces clichés. je la pile.on n'entre pas comme ça au coeur argentique d'un vieux rêve. tu es lisse, une image sans détour. pas de bosses pas de pitons dans l'espace....
sur la table, le journal se soulève comme bâille un poisson pendant ce temps la guerre... il est plié, arbre mort glissant sous le papier les nouvelles du monde pendant ce temps la guerre... la tasse de thé a séché, sachet collé aux lèvres de porcelaine,...
je vous quitte beaucoup, plusieurs fois, à chaque contrariété qui passe, en short ou mini-jupe. je vous lâche, je vous infidèle, je vous inconstant! vous impardonnable qu'il faut arpenter avec une chevalière à démesure. vous murmurez je suis libre......
canicule et pastilles menthe. ultra fresh la pépète! on se glisse son petit bonbon sous la langue. on se laisse doucement geler par erreur et on sent le brise-chaud craquer dans les fibres. éclats de froid qui font péter les gencives.... un rêve! en ce...
la partie avait l'avantage d'être en ma défaveur. perdre est un instinct de base. je marche sur le fil inexistentiel. j'invente mais ne crée rien. les mots eux-mêmes ne savent que dissoudre mes forces, les unes dans les autres. il n'y a pas d'avenir à...
voici la nuit encore profonde et mes yeux grands ouverts.- me penses-tu si fort que cela m'éveille?- j'y songe, crois-moi ,à ta visite. voilà pourquoi il y a des jours je suis comme nostalgique de ce que je n'ai jamais eu. que ça m'enveloppe, une seconde...
ces temps, sur la toile, se baguenaude une bien bizarre photo montage. on y voit deux corps de femmes l'un volumineux et l'autre mince. le corps obèse est assis sur une chaise, bras croisés l'autre adolescent est debout à ses côtés. ces deux modèles rassemblant...
bientôt encore le jour des poubelles, le tas de sa vie qu'on voit s'empiler en pelures et déballages. ordonné, si régulier. cases inaltérables qu'on remplit comme on pose des graines dans des poquets de trottoir. invariable jour des ordures. on sème décidément...
il y a dans l'obscurité un receleur de myrtilles qui tente une contrebande. je veille au grain, sur que le qui-vive avec mes petits fruits mûrs. quelle égrappée sauvage, jus frais et sang de sucre! sur ma bouche la nuit au sac, huis clos de satellites...
soir fumeux. les tempes grisonnent dans l'arbre. ciel d'avant la guerre du feu. demain canicules sauvages, on va tirer la langue, énuquer les grandes et les petites soifs en pétouillant sous l'arrosoir. je cherche le ventilo. quelque part j'ai remisé...
il n'y a jamais d'autre trou que l'éphémère. un doigt dedans et l'eau tout autour. écrire cultive juste les orées, jardinage à l'alène du moment faste où tout est ouvert et quasiment déjà fermé. on a le sentiment de faire des ourlets sur un coeur d'araignée....
fraîcheur. le mauvais temps composte les colères. je me retrouve désapée, oursin rasé. quand la nuit reste comme ça longtemps dans le lit du jour, qu'elle y traîne comme une amante en mal de reins, que tout s'intègre s'enlace se mêle, on peine à savoir...
J’ai posté le ciel entre mes jambes- évidemment que c’est pour te plaire - comme si tu n’avais pas les mêmes anges que tout le monde ! marcher sur la mer avant qu’elle n’existe est un privilège dont tu ne connaîtras jamais ni le sel ni le ventre et j’ai...
il fait beau. je repeins une pièce de la maison. c'est un endroit habité de milliards de paramécies, de molécules acariennes vivant ici dans un monde parfait. je repeins ma gueule en même temps. petits pois blancs dans lesquels pousseront peut-être des...
Ai souvent pris l'état de mer pour "éclisser" mes désirs cet homme était ma borne grise dans les bleus infidèles qu'on efface dans le bitume à la nuit jetée pris le fil des danseuses sans musique la portée de fer sur les eaux tropicantes y nager m'aurait...
mis du rouge sur les ongles, piments de doigts je m'en sers pour décortiquer la solitude et faire saigner le temps libre rouge avec des ratés sur l'aiguille des minutes, des bavures, de ces hoquets qui laissent des chiures de mouches aux vitres manucure...