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poematique expiraTOIre

figure

Ma concierge. Déjà à cet étage, il y a matière à discuter, à parloter, à cancaner si utile. Je pourrais en faire une confidente, une présence sémaphorique dans mon impasse. La couleur du vin ou celle de monsieur Propre ; tous les lieux communs de la physiologie des ramasseuses de nos saletés…  elle peut déjà m’amener un gros bout de la Terre en attente sur mon palier.

De quel pays, de quelle dérive ? De quelle misère, de quel abandon ? De quel trafic et mauvais aiguillage sur les rails de l’existence ? D’où me vient-elle, cette femme qui longe le bord extérieur de ma vie, l’enclos de mon jardin secret et qui fait de mes premier pas sur la lune un univers propre et dégagé?

Parfois, je la crois étrangère, née sous de fabuleux paysages, là-bas princesse racée qu’une volonté hors du commun a poussé à vouloir profiter de mes richesses, sans savoir qu’elle serait chez moi moins que le chien sous la table.

Parfois je la vois, ambitieuse de salon avec TV et Top models en perfusion.

Ou esclave d’une vie trop dure qui l’aurait attelée à un mari ravagé de maux et de symptômes.

 

Ma concierge est-elle arrivée à mon étage, se déhottant le panier qu’elle aurait comme un territoire de jeux, les mains accrochées à sa balayette et le menton caressant le ciment des marches. Balançant son popotin de droite et de gauche pour mieux accéder au rythme d’un nettoyage méthodique lui permettant de garder son élan.

 

Ou a-t-elle la finesse des lianes.? Vient jusqu’à chez moi sur ressort, grande sauterelle avec écouteurs et rock in the pocket. Et fait des quelques poils de sa brosse, les balais d’un percussionniste secoué.

 

Porte-t-elle un foulard? Des rastas, une choucroute de chez Bardot, un casque de bigoudis, un bandeau fleuri, les derniers chouchous du soldeur d’à côté, des couettes, ou alors est-elle comme moi…? Oui, elle pourrait être comme moi, un peu teinte, un peu nature.

 

Avoir un ragoût sur le feu ou un souper en train pour une marmaille qui va bientôt se battre pour quitter la table sans avoir mangé ni ses légumes, ni sa compote de fruits.

Avoir la peur au ventre de rentrer faire son dernier relevé de factures.

En avoir plein le dos de ces triples journées qui font d’elle une impotente du plumard, elle qui aimait tant s’allonger.

Avoir le souci d’un parent qui ne sait pas encore tout ce qu’elle sait déjà.

Avoir si peu.

Avoir tant et sans possibilité d’inverser les sens.

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jl 16/09/2012 15:19


Ne serait-elle la femme de cet homme qui quitta "son pays pour vider les poubelles à Paris" [ ou dans n'importe laquelle de nos mégapoles civilisées (sic) ] ?

annaj 16/09/2012 16:31



Lili ou Marlène , une sorcière quoi comme les autres,,. (A. Sylvestre dixit)