poematique expiraTOIre
Revenir sur les lieux. Vérifier qu’entre-temps rien n’a changé, que le paysage est le même, qu’on n’a rien touché à la belle composition, à cette nature morte dans laquelle vous êtes. Y aller régulièrement, c’est votre TOC existentiel. Comme si le gaz allait rester ouvert ou que quelque chose allait mettre le feu au lac. Vous jetez un œil, bref. C’est si habituel malgré la nécessité qu’un rien déclencherait l’alarme, une pièce manquante, un oiseau absent ou même la variation d’une teinte dans votre automne roux... Cela se passe d’une identique façon. Ne varier si possible d’aucun pouce. Vous ouvrez vous fermez vous zappez. C’est un simple chemin, une allée presque. Trois quatre pas jusqu’à ce promontoire. Le bord de la Terre n’a pas bougé. L'horizon, la plaine, le coup de craie. Et toujours au même endroit, ce dépôt de mouche éclaté sur votre tempe