poematique expiraTOIre
c'est mon histoire. du temps où j'étais de celles qui s'allongent par terre et écoutent bruisser la vie. la vie dans laquelle elles ne sont pas mais y sont toutes entières parce que l'air les traverse. les agitent peut-être. particules dénouées, molécules...
j'en écris des mots, j'en fais des rayures sur le bois. pour tes attentions ton regard peut-être, au travers des planches, dans le trou borgne du voyeur. j'en écris des poèmes, de la littérature et plus juste, de la voix,du rauque qui a mal. pour toi...
je suis la groupie, dans toutes ses acceptions de vent. feuille docile, vibrante par procuration. j'ai l'adhésion totale sans éclipse, attirée retirée, marée sans amarre dans les récipients de la lune. je suis. résister n'est pas dans l'ordre de l'amour....
pervertir l'éclat. scinder mes couleurs en tranches noires et blanches. simplifier mon rendez-vous avec le lumière parce qu'il va falloir... falloir poser avec de la nacre dans le miroir, poser d'un long, interminable bond mon cri dans tes cheveux. aucune...
6 avril. presque fini. endosser le vieux costume. les vacances s'écroulent lundi et je me sens à l'étroit, dans le décalage de temps-besoin et temps donné. sa coupe me serre à la taille. j'éprouve les épaules, la poitrine, le cintrage des côtés. cette...
je me baigne. azur dedans. très bleu. antique ancien profond. c'est la couleur où je te rejoins. j'y crois. j'aimerais dire jaune ou rouge, une teinte moins commune. tout le monde aime le bleu. je suis comme tout le monde. c'est important. me trouver...
source des ombres. le temps s'en va au fil de l'encre. ruisseau tranquille dans des pays sans histoires. je suis de passage, dans des contrées subtiles, de l'odeur douceâtre d'un encens vanillé. traversée sans périls, sans accrocs, insaisissable. un monde...
je respire l'air dressé les arbres dressés la terre décalottée d'un désir à l'épreuve du beau temps foutue saison où les tas morts sont parcourus de souvenirs de sève on voit la verroterie essentielle prendre l'ascenseur projectiles à tous les étages...
tenter même avec des regrets, des peurs aussi incertaines que tremblent les feuilles, de vivre ce qui est à vivre. sans passer les éponges sur ce qui est, sans effacer et croire ainsi changer. car on n'enfante pas une autre figure mais on adopte! seules...
je m'approprie les portes toutes les portes, toutes les sorties les échappées me faut franchir les chambranles, passer le seuil, ne plus regarder derrière, fuir droit au coup de fusil. je revendique les corridors les boyaux de métro les tuyaux d'eau courante....
la belle "ébèniste" rentre maintenant chez elle, le travail de nuit s'achève. avec son écumoire d'hypnoses, elle a soldé quelques vieux rêves, par contumace. émacié encore un peu la parabole aux prophéties salées liquidé les feintises et autres procès...
photo enlevée « Je suis une nacelle volante » Campement de balançoires. Le vent est en transhumance. Il a posé ici ses assises, avec quelques jeunes femmes sans doute d’une autre espèce, des anges peut-être Je rêve à l’immobile bonté de l’arbre qui me...
passe-lacets. mélange de fibres, les langues dans ma langue. surpiqûres de salives. ne pas y comprendre force la voix de l'imaginaire. permission d'inventer et refaire ainsi à ma bouche l'univers qui suppure douloureux en moi déployer un leporello d'images...
achat d'une plume de poche en métal gris argent. le bouchon est serti de petits diamants en verroterie, lourd comme une armure baroque à la Mad Max, tandis que la plume si légère s'envole presque. les deux ensemble font un poids inattendu sur le papier,...
quoi qu'il en soit, je ne me retire pas. je ne suis pas la mer, je n'ai pas de marche arrière, pas de retour à la Lune. quoi qu'il en soit en effet. ce n'est jamais qu'en avançant qu'on fait un dos aux choses. je n'ai pas forcément le bon chemin, le bon...
mon terrain de mots est un parc après l'enfant - reviens mon pays bien-aimé- il a plu sur les jeux les seaux et le sable. comme c'est beau ces brouillons de l'averse, ces points de suspension pour repiquer l'automne. tous les sols sont de papier. marquer...
lourd pesant de soleil quelques attaques furtives aux rayons anonymes charge de fers chauffe de lames les équerres de la marche soudoient la neige toutes les lumières en pointe coulant par le chinois d'hiver une mouche bleue aux mille losanges percute...
je vais rester entre moi c'est la place du mort du mors aussi la barre aux dents aux vents aussi entre moi parmi ce qui me supporte qui m'insupporte aussi des pistes méconnaissables mes sables aussi je vais rester dans la clôture le corall de poussières...
mon poème ne dit pas toujours ce que je suis ou vis. le plus souvent il exprime au tamis de ma peau ce que d'autres vivent et qui me fouille. ainsi je parle l'amour et n'en suis que porte parole. il ne m'appartient pas. j'ai le Je vaste, proliférant....
gobelet de cuir, le poker poète débute. je glisse mes dés. ils roulent et personne ne sait encore la formule ni moi ni le sac secoué. "je caresse ce pommeau de rampe au ciel montée légitime jusqu'à nos bras crucifères-os ô..paillées particules premier...
assurer l'intense. obsession ciblée. évitements de demi-teintes. pas d'espaces, pas d'interstices. pendant quelque temps. rassembler en rafales tous les mots que je voudrais dire et les retenir. garder la bouche close. attendre le rempli, le surplein....
CD position lecture. ouverture symphonique. j'écoute. un hautbois perce l'intensité, j'essaie avec lui d'ouvrir les battants des forêts et l'armée des cordes. un simple souffle, du ventre grand dieu, amène avec lui une galaxie d'espérance. la pièce débute....
il est, devant sa table et puis plus là. il marche il tourne en rond. il a tous les barreaux de la cage thoracique qui sonnent. il est en prison , entre son désir et le dessus parfait et tranquille des nuages. il fait le mur, le longe dans les sens de...
la Terre s'arrête en biseau sur l'aurore, coupure nette, tranchée de combat, la ligne Maginot de mon poème. j'affronte la nuit j'affronte le jour. l'une broie le rêve dans la concasseuse, l'autre repasse des cottes de mails. je fais le grand écart sur...
MESSAGE DE MICHEL HOST Je suggère avec toute ma conviction à mes connaissances et amis, poètes ou non, de soutenir les ÉDITIONS DE L’ATLANTIQUE, qui fermeront leurs portes dans le courant de l’année 2013 si elles ne trouvent pas les soutiens qui lui sont...