poematique expiraTOIre
j'aimerais écrire un poème d'amour les mains vides. un trou plus grand parmi les autres, comme un lieu de perdition, une chute. une bulle cueillie dans un ciel de savon, éclatée mouillée dans les paumes. un souffle titubant, un paramètre instable qui...
croque temps. le jour craque. un bruit de noix dans l'enrouement des mots. j'ai du gravier à l'âme comme une éraillure de chemin, une marche de neige carton au travers du larynx. je tends ma chevrotine à picorer des oiseaux, mon chat tueur d'envol. je...
j'adhère à la légende. premiers mots qui me viennent ce matin. adhésion involontaire, à reculons de joie. je ne peux rien pour me débarrasser de l'histoire. j'ai écouté cent fois sûrement déjà le retour de celle-ci, comme le son d'un clocher. ça creuse...
bourdonnement encore des notes. mes oreilles dégorgent. la radio est éteinte mais oui, j'entends que grésillent encore les trompettes et les cymbales de la première musique du jour. la puissance exagérée de cette symphonie, sur un instant à peine levé...
m'absente un peu. le défilé des mots a pris une proportion non récupérable. formules et rébus, les écrits sont loin, sans que je puisse les retenir. je prends chacun de leurs mots pour moi. je les pose sur mon établi. perles, diamants ou fagots d'argent....
cramer. verbe intense. il racle sous la peau. j'aime bien ce mot. il me revient parfois insolite dans un instant où je n'ai pas de mots justement chaque jour je poste des mots. je ne sais pas si c'est un fil de lessive, si c'est un fil d'acier. ce que...
il a dit vivez heureux et puis s'est retourné vers la fine beauté d'une ombre. je referme le livre. moi aussi, je promène ma terreur inutile dans ces passages, là où les autres crèchent dans des découpes électriques jaunes. tombée du nid sans doute. chapelet...
je fixe la nuit à la laque. vernissage d'entre les noirs. le jardin du silence est profond comme ma chambre. faut que j'aille à mes cuissons d'éternité cet instant prêt à éclater qui monte en bulles au-dessus de ma tête. 100 degrés de décontamination...
Musique. Le goût d’une mandarine qui glisse et ondule. . Mes jours estropiés dansent le bancal mais dansent. Mon ventre se rappelle. Inscriptions de cellule, comme on les a gravées sur le mur des prisons. Il sait le chemin aveugle, l’offrande à l’existence....
j'entends le silence qui marche. j'écoute. il froisse les milliards de mailles du satin céleste. ce mouvement, ce mouvement de l'univers, qui ne cesse de le sortir de ses gongs. un très long cri distendu écartelé, le big bang qu'ils disent.... j'écoute...
mikado de saison. il chute des nymphes aux pigments albinos, faste déclivité d'anges en tutu. une cretonne brute enlace la terre. c'est la pathétique disgrâce des herboristes, la saisie blanche. les péninsules de corail s'invaginent, modestes furoncles...
p as le premier coeur de papier déchiré menu pas le premier poème torchonné brouillé pas la première feuille au sol éparpillage de corbeille pour le balai des huissiers de jardin pas le premier papillon vole qui fait ace au filet pas le premier ticket...
l'instant. oui l'instant, celui de chaque respiration, que le corps tient comme son moteur perpétuel. mot utilisé à dessein. me concentrer sur l'instant et ainsi, atteindre une sorte de bonheur fluide, traversé d'aucun projet et d'aucun avenir non plus....
ces détails, ces couleurs ou ce bruit qui arrive et me suspend. c'est comme ça que ça revient, caché maintenant non plus dans les belles images mais dans ces lieux communs de la vie et qui ont été les nôtres aussi. les icônes, les grands moments, les...
clos d'oeil, j'ai mis mes moutons de nuit à paître. pyjamas bleus et enveloppes de coton. une bergerie de fantômes avec des chiens et des échasses. je compte sur ta main une venue en pétales de marguerite. et une et deux jusqu'à passionnément - je m'arrête...
comme si. comme si j'étais, comme si je faisais, comme et puis si... facilité d'emploi facilité de montage. le jour à la clef imbus et les petits trous tout prêts. reste à serrer un peu les boulons. réajuster les montants et puis les descendants, sa nature...
le grand père est mort. je ne sais pas encore qui était le grand-père, quel genre d'homme quel genre de fou ou de sauvage il était. il est mort. ce n'est pas le premier qui meurt et laisse son trou. non c'est même le troisième mais c'est dans une faille...
ce n'est que rattraper le monde, lui courir après, marcher sur sa traîne "m'encoubler" au mouvement perpétuel. chuter bien sûr. dimanche blanc, sans structure, confondu. il n'y aura aucune aspérité qu'un océan de neige et les pattes du chat. le ciel aura...
passer la transe... le tempo le cassé le flux de la vertu jeté au pied de grue l'avenir en socquettes au cours des pâquerettes le front plein de bizarre piercing de trous noirs passer la transe... l'animal secoué agité du bocal tu claudiques bien sûr...
au fur et à mesure que le temps me dépouille, les mots aussi. ils n'arrivent qu'avec des anicroches aux bords des lèvres. on dirait des oiseaux effarés ou de vieilles carnes rongées d'une faim interdite. à quoi bon parler, à quoi bon coudre sans cesse...
dormir dormir. la tête penche parmi les fleurs. duvet de prairies et d'oboles mauves. je m'allonge comme l'ombre. j'agite mes doigts sur des contrebasses invisibles. amour, y es-tu ? à la danse, à mes caresses dormir dormir. les images rentrent dans leurs...
me laisse tremper les sentiments ont croûté, fine étoffe de gelures à briser au sortir du corsage. zone prélavage. faire avec une patience impeccable l'engramme du souvenir, compter ses taches. comme si des marqueurs mots dits avaient établi quelque chose...
"je suis désolé... mais l'art est sombre parfois, c'est ainsi..." * oui. c'est le goût que ça a, ce torréfié de grains de peau, rôtis partout brûlés. avec cette ligne très rouge qui nargue le calme de ce qu'il dit. je voudrais mettre mes éraflures dans...
selon la lâcheté du noir, dompter le déséquilibre, remettre la balance à niveau d'horizon. tenter de ramener le calme dans les particules. c'est le pour et le contre et moi au milieu, toujours à la jointure du pesant du jour. je tâte les surplus, les...
retour par le chemin connu, retour par les traverses, mes sillons dans la terre molle, ces creux ces bosses et cette ligne toute faite par laquelle je passe et m'en vais et viens. retour à ces bruissailles microbes, l'infime langage des petits animaux...