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poematique expiraTOIre

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journal sous étreinte 56

 

 

au fur et à mesure que le temps me dépouille, les mots aussi. 

ils n'arrivent qu'avec des anicroches aux bords des lèvres. on dirait des oiseaux effarés ou de vieilles carnes rongées d'une faim interdite. à quoi bon parler, à quoi bon coudre sans cesse la langue à des horizons qui n'en veulent pas. je les sens dans la bouche, qui font les barreaux de la cage. ça tape , ça cogne  mais la grille reste close. et le corps pétrifié.

j'ai la danse fourbue, la fatigue de l'inutile. je n'atteindrai pas mon but, soit... je me sens dénudée et meurtrie. tellement. 

les gens de ma sorte  ne trouvent jamais. ni de place ni de coeur.  ça ressemble à des statues peut-être, dans des jardins où les humains passent sans vraiment les voir. on fait joli, inutile mais joli...l'existence est en bas, hors du socle, de la fontaine, de la niche. et on ne peut même pas descendre et choisir la vie.

plus j'écris plus je m'éloigne... des traces sans fin pour rejoindre, pour toucher, pour être avec ...et qui ne sont que des cailloux dressant murs et prison. élégants, bien construits, beaux les murs certes.

derrière mon rideau bien tressé, solidement barbelé de poèmes- chacun d'eux pourtant voulu pour l'amour, le tien pourquoi pas- , j'ai l'âme étouffée dans le centre du marbre.

mon corps poli, mon aspect impeccable, sans ride et lisse, Maillol au jardin froid de la vie

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