poematique expiraTOIre
je vous hais depuis toute la souffrance des nuits lardées de peur
de cette mort à petites doses, qui vient, qui vient, qui vient encore
je vous hais de cette haine qui détruit, enfonce, noie, extermine à la sape lente
je vous hais de m'imposer la dernière haine, qui ne guérit jamais
je vous hais de la paralysie du corps, de la voix, de l'âme
plus rien que du sel devenir
je vous hais de la mort, ce loin qui est notre prison, de votre vrai don et qui est le seul qui va rester
vous hais de la corde, de l'eau, de toutes les pilules roses bleues ou blanches, des coutelas et des fusils
des restes de neige, des laideurs qui traînent partout et envahissent le corps, la vie et l'haleine de ma bouche
je vous hais des paroles qui maintenant me sortent et qui n'ont que des pierres pour voler
je vous hais de la maladie rallumée, du solde sans cesse augmenté de la nuit, de l'épuisement des rêves
je vous hais des retranchements des murs de nos respirations
des pesantes menottes et des carcans toujours plus lourds
je vous hais du désert, de l'acide, des poisons, nos paysages obscurs
de la duperie et des apparences à tenir coûte que coûte puisque ce sera le fil ultime pour revenir, peut-être, avant que de perdre définitivement le chemin du retour
je vous hais du monde où vous nous avez poussés, vous hais de vos obscènes joies de vivre, vos bontés célestes, vos masques catholiques qui nous font face et qui ne sont que des masques pourtant d'imperméables fissures
je vous hais de la misère de la misère, de l'ombre, du noir envahisseur essoré de tous les silences
et de vos sentences mortes.
vous hais du monde entier qui n'est maintenant que cellule, qu'un coin de cellule où nous sommes accroupis pour le restant du temps
la Terre est rognée jusqu'à l'île et plus rien
oui la fin arrive et nous devrons lui forcer la main parce que ce sera la seule issue possible de notre vie blessée.