poematique expiraTOIre
m'allonger dans le bruit, le boucan du défilé. notes qui se défigurent lentement et se transforment en charabia de la musique. les gens s'agglutinent, effet de masse, de troupeaux. le monde cherche le monde, se flaire.
me tiens sur le canapé avec délices. échappatoire générale par la tête, yeux mi-clos à rêver à d'autres choses.
il y a autant de voitures que de personnes. monde envahi malgré le froid pisseux du vent. des cris, des tambours, des costumes très laids la plupart du temps.
distance imposée. sais pas me tenir dans l'ensemble. le monde je le crois de plus en plus va par deux, partout. quelques électrons libres je suppose quand même, qui se collent à d'autres entités. familles comme l'on dit, amicales des grandes tablées ou clubs des bas morceaux. que sais-je?
je tente de me projeter quand même, de m'immiscer dans le tas. je visualise l'effet de serres, l'étouffement, la gêne respiratoire tandis que sous l'énorme cantine, les bières valdingueraient de bras en ventres
on appelle ces fêtes des "girons". grand rassemblement des musiciens de fanfare. ici autant dire que toute la population du district est concernée. chaleureuses perspectives de soûlerie. la moitié sera ivre dans quelques heures. avec raison je pense.
mais soudain dans cette foule en rangs soignés au cordeau, une voix qui s'élève, forte puissante gouailleuse harlem. un homme plus fou que tous les autres ressuscite Satchmo, soulignant avec ironie et légèreté notre raideur et notre façon empesée de célébrer le monde et la vie.