poematique expiraTOIre
j'adhère à la légende. premiers mots qui me viennent ce matin.
adhésion involontaire, à reculons de joie. je ne peux rien pour me débarrasser de l'histoire. j'ai écouté cent fois sûrement déjà le retour de celle-ci, comme le son d'un clocher. ça creuse ma mémoire la sculpte ou la troue. érosion qui travaille.
condamnée à remettre à chaque oiseau les plumes de mon sommeil et leur rendre mes vols, et rien d'autre avant l'accomplissement.
j'adhère à la légende, depuis toujours, depuis les premières histoires venues à la bouche.
culpabilité profonde et ravaudage. écrire est réparer. le mal dit, le maudit.
la tâche n'est pas d'une vie. combien en ai-je ainsi reprisées déjà sans aboutir?
c'est une lumière à l'huile des mots. je sais maledictivement mon labeur. l'âme blessée- mon autre part est ailleurs loin- au couchant sans doute et moi à l'aube- pour creuser notre écart. je bosse au refoulement et à la gésine au rythme des 3/8 à l'atelier des réparations.
je livre. j'espère atteindre, rattraper le malheur.
mais le temps vient où se marque mon nouvel échec. il faudra recommencer encore. reprendre l'habit de chair et tenter la parole salvatrice, pour des nuits entières, éternellement à refaire.
jusqu'au pardon et à la suture des failles de l'âme frère.