poematique expiraTOIre
C'est décidé,
Je le ferai.
Peu m'importent les vieilles rancoeurs,
Peu m'importent toutes ces déceptions auxquelles je suis maintenant habitué,
Peu m'importent tout ce que peuvent témoigner les moignons ligneux des
cicatrices passées :
Il m'attend.
Je ne me défilerai plus.
Il me verra comme je suis.
Je vais à ce rendez-vous.
Ce rendez-vous, je l'ai pris avec moi-même : le plus sévère de tous les
confidents, à qui on redoute de se dévoiler, dans le crainte d'être jugé
comme celui que l'on est réellement ;
Mais c'est aussi le plus tendre et compatissant d'entre eux puisque, au
fond de lui, il endure le même sort que nous : la passion, le déchirement,
la douleur, le chagrin, la peine, la lassitude, le silence, le calme, la
sérénité, la plénitude, la joie, la jouissance, l'euphorie, le bonheur !
On a beau être à l'apogée, au paroxysme de notre mal ; si on accepte de
confronter l'orage de ses tourments à la lumière de nous-mêmes, de ce
tumulte grandiose naîtra alors le plus bel arc en ciel que l'on puisse
jamais contempler :
Car c'est dans l'âme irisée de chacun d'entre nous qu'est joué le plus noble
et sublime de tous les spectacles : l'Homme.
Théotime Coste