poematique expiraTOIre
le grand père est mort. je ne sais pas encore qui était le grand-père, quel genre d'homme quel genre de fou ou de sauvage il était. il est mort. ce n'est pas le premier qui meurt et laisse son trou. non c'est même le troisième mais c'est dans une faille de ma propre vie que ça meurt. il tombe là alors que déjà tout le reste est mort, les amis la famille l'école et je tête le vide tout autour. il est là avec toutes mes propres morts. je dois faire avec. je suis dans mon fauteuil je pleure. je vide mon sac d'eau. cela dure ,dure longtemps. je ne sais pas arrêter ce flot. ma mère sa fille , ouvre la porte. elle a ce regard froid et répulsif. - tu vas cesser! m'enjoigne-t-elle. la porte se referme. je me referme. le flux est en train de couler à l'intérieur il ne cesse plus d'ailleurs.
le grand -père est mort et c'est le jour de l'enterrer. il va disparaitre à jamais de la surface du monde. je ne sais pas quel homme il a été. toujours pas. je crois à peine le deviner maintenant, autoritaire macho et si limité dans sa perception morale de la vie.
il est mon grand-père. je me sens seule. à qui m'accrocher. je veux prendre le bras de ma mère. elle se détache furieuse et prend un autre bras ailleurs. je laisse passer quelques personnes. je rentre. c'est le froid d'une église, le désamour codifié, l'ordo sans compassion de la mort et des adieux.