poematique expiraTOIre
le ciel est bas, j'entre par la fente. celle qui se glisse sous la porte. une trace claire qui barre la nuit, lumière par en-dessous mais lumière.
le noir qu'il y a de ton côté est fait de grands silences. le mien d'espaces inhabités. par la fente je pourrais, je devrais, il va falloir, oser extraire le début des couleurs.
tu mettras quelque chose de rouge une goutte ou un fétu. tu mettras un froissement de jaune, un bruit.
j'avalerai mes iris.
tu chercheras une veine dans mon cou, tu piqueras ma tête d'une seringue d'acétone. j'oublierai, j'effacerai lentement mais sans doute, mes idées et mes jugements. une toile neuve pour le bitume, pour l'immaculé goudron.
je ne chercherai pas à me défendre.
rien ne me semble plus désirable maintenant que de tout effacer, de dissoudre le temps par colonnes et par piliers. l'effondrement qui rendrait à nouveau la vie acceptable. l'arme chimique me semble appropriée bain d'acides ou humeurs vaporeuses, qu'importe la douche qu'il faut prendre. mais sortir expurgée, avec des mots neufs à poser sur ta langue.