poematique expiraTOIre
cramer. verbe intense. il racle sous la peau. j'aime bien ce mot. il me revient parfois insolite dans un instant où je n'ai pas de mots justement
chaque jour je poste des mots. je ne sais pas si c'est un fil de lessive, si c'est un fil d'acier. ce que je tire sur la manivelle à plaisir ou bien la roue à aube? des chemises ou des drapeaux, des fanions ornant le vent? j'en sais rien c'est Naples à ma fenêtre. il y a des cris partout la vie en bas dans une ruelle, sans doute et moi je joue les blanchisseuses. je mouline les crasses quotidiennes, je frotte, je javelise, je récure. tu me dis: passe à autre chose, ce ne sera qu'un nouveau tas de linges de corps, un autre. une journée entre savon et eau qui fuit. mon esprit n'est pas de taille à construire l'ordinaire, il est juste à la mesure de laver les restes. je suis sans doute de cette partie de la vie qui est née nécrophage, de cette frange d'éboueurs et d'insectes qui sont ici pour bouffer la merde et tout remettre à neuf