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poematique expiraTOIre

journal 127

rester allongée. le ciel s'est  juste entrouvert. le store en métal gris bleuté est à peine relevé, à mi-hauteur des yeux.

je reste allongée avec toute ma compagnie. me sens habitée de multiples présences. il y en a, c'est bien.

le lit est vaste, il abrite ainsi mes déclinaisons et tout le temps.

parfois je me crois jeune encore et mes amants se jettent sur mes orteils et me grimpent.

parfois je fais le colloque des morts, cliquetis de cuillères et de chaînes.

je convoque enfin ces êtres qui auraient pu exister dans ma main, dans le chaud de ma paume, et que j'aurais poussés aux frissons, à perdre la tête, à perdre pied, comme ça juste dans ma bouche.

j'aurais plaidé avec eux des saveurs nécessaires, grandioses,- immorales aurait-on dit sans savoir-.

ces êtres à la voix trop sourde,  trop barricadée dans le fond de la gorge, qu'ils pourraient être là, tous ensemble, sans même abattre mon église de silence.

je reste allongée, espérant qu'en étant ainsi le monde sache que c'est à lui de prendre la barre maintenant, je cède la place

le radeau est un véhicule idéal.

qu'il aille là où le courant le veut et moi allongée dedans.

 

je fais ainsi l'inventaire du jour et puis celui du lit, les yeux brûlant du rêve de la nuit

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