poematique expiraTOIre
la vie n'est pas vide il dit.
la mort non plus. je parle en pays de connaissance. la mort, ça ressemble à ces tunnels grouillants de vers, ces milliers de dévorations tranquilles qui investissent le vide de ton corps. plein il sera, si plein qu'il aura la Terre entière dedans et que ce sera horriblement compact et collant,glaise éternelle.
peut-être avec un peu de chance serais-je convertie en potiche sur le tour des bandeurs de boue. érection de porcelaine où l'on cachera des bonbons, des boutons, des thunes de réserve, ou la cendre neuve d'un encore moins vivant que moi...?
et puis la mort c'est plein de temps pris sur des croisées de mains, pour dire qu'on arrête, que c'est halte, que c'est fin, que c'est stop.
c'est plein d'ennui à la chaîne, de tyrans, de vaches, de petits commerces, de peines, de trompettes, de pulsions, de menaces, de cliniques, de lits subits, d'accidents...
sais déjà combien elle sera ronde et opulente la mienne, je la devine à cette ombre qu'elle fait sur le vide de ma vie, la mienne sera la mort dans l'âme.