poematique expiraTOIre
Les ongles noirs. C’est pas les yeux. Toujours ce fond de sac qui file entre les doigts. On puise à l’aveugle, on ressort, épais travestis de deuil, de la poussière et l’enterrement dans les poquets des jours de semences inconnues. Prendre, fouiller, creuser la terre. Nos floraisons s’égrènent. Est-ce en secouant la tête sans cesse que je sème mes repousses, en agitant mon corps, mes parfums, les bogues sèches de mes idées ? Je ne sais pas mais qui pourrait bien me le dire. Les champs d’humains font parfois champs de mines. Ils éclatent, se dispersent, une fraction de temps en l’air, vannés. Les balles de leurs cœurs tendres s’envolent, ocelant le ciel de rouge, de noir et si peu de soleil. Nous sommes dans ce fragile instant. Encore debout, presque là-haut. À nous demander quand l’enveloppe et la graine vont changer leur trajectoire.
Parfois dans cette cabriole lente, je mise sur l’oiseau, et parfois je vois bien que ce sera la terre.