poematique expiraTOIre
Bords de feuille, carré net, plan blanc, sur la table. Fixer l’intérieur et le regarder s’enfoncer en lui même, se perdre dans l’entonnoir qu’il y a toujours planqué dans le blanc ou le noir. Regarder ces particules, ces limailles, cette cendre s’en aller...
le journal se poursuit. périodes, tranches de temps. je classe un peu sans vraiment faire de tri car ce n'est pas si important que ce soit ou non bien écrit. ça reste les pulsions- mêmes de l'encre. je parle d'encre mais ce sont ces chenilles noires sur...
le ciel est bas, j'entre par la fente. celle qui se glisse sous la porte. une trace claire qui barre la nuit, lumière par en-dessous mais lumière. le noir qu'il y a de ton côté est fait de grands silences. le mien d'espaces inhabités. par la fente je...
la nuit m'est apparue comme une montagne. la traverser, la grimper. j'avais le souffle si court. c'est cette manière qu'ont les fièvres de vous imposer leur délire, de filer pour vous de longues métaphores. je marchais dans un terrain qui ne cessait de...
je suis sombre comme la pensée qui longe les jours interminables sombre comme la voûte des pas qui jette ma silhouette sur la route son éraillé de chaque mot cahots sur la parole je ne dis rien de droit rien de quel droit je noie la douleur comme un chat...
vous ne repassez plus par là. ce n'est pas un chemin aux belles balises... quelques verbiages sur les panneaux , des lieux dits inconnus et sans doute des bleds invivables. vous avez un jour perdu votre route et ce qui s'est prêté un temps ou deux à vous...
poser sur le vide, l'ogive d'un grand pont. monter jusqu'à la clef de voûte. puis reprendre la voie courbe, la voie penchée. sur le vide grandir, un moellon après l'autre, une brique de mots, de désir, de cette terrible tension qu'il y a dedans et qui...
Cher professeur, rien de plus glacial, de plus littéralement technique, me diriez-vous, que l'échantillonnage d'entomologiste du verbe et de ses parures posé sur le pupitre qui nous séparait. cependant, cependant imprudemment, vous lâchiez au détour de...
essaie d'abstraire de l'image, une substance, un miel à sucer, pleines lèvres. l'approche du monde m'arrive hélas au tamis de ma superbe, de l'orgueil à vif, de l'insupportable blessure des échelles et des ruches. je ne me laisse pas déposer sur ces rayons...
nous allons trempons broyons nos composites célestes en fusion tête-bêche envers contre endroit pour laisser une chance à la saillie joindre les deux bouts de la Terre marchons à l'échelle ou à la benzine d''obstacles tu tombes souvent grêles de colère...
c'est l'extinction de nuit dormir entre des aiguilles et des pignes d'azur il a plu des histoires qui n'ont rien d'authentique des boules savoureuses et ce gui de la noce l'esprit revient par- dessous la lumière comme un tapis neuf de poussières et poussière...
matin en pleine terre. la mer a pris la place du ciel. chaises musicales entre les gouttes. un bleu en haut et des vagues en peau de brume. je m'y crois. j'ai même le goût du sel sur le bord des lèvres, la langue aux épices. le cap de la fête est passé,...
à l'empan de nos pensées la tienne, la mienne à l'écartée des horizons du monde aucune croisée aucun porche miscible. tu campes sur la roche morne du temps je secoue les fourmis rouges des patiences. l'entrelacs ne saurait prendre noeud et coulisses....
Retour. Temps en creux. Dans le profond de la main. Qu’on épaissit de sable. De poudre. Ici de neige. Givre ice cream à sucer lentement. Délice de saison, l’intégration des glaciations. Retour dans cette coquille blanche, ce calcaire premier. Les oiseaux...
traversé la nuit comme un pont suspendu.par-dessus quelques gouffres existentiels. moi qui suis si avide d'éternité, et l'épreuve n'est jamais sans risque. je fais parfois des rêves si beaux que j'en oublierais ma soif de vivre. suis passée ensuite du...
Le cœur acide du lac, un centre nerveux. Fripes d’un courant subaquatique. Tout autour, la frange repassée des berges. Une pièce de métal martelé frappé, clouée dans mon paysage. Serrure ou cadenas, le ciel y a posé son regard bleu et vert, rond-point...
C’est à peu près une histoire de vents, ces gabarits bétonnés que je plante dans l’instable. Comment faire sérieusement des statues avec des cuillères de poussières. Dompter les lianes J’étiquette les souffles, je les épingle consciencieusement dans ma...
le ciel est jaune, toile cireuse. parfaite tendue pour un orage à venir. Pollock fera le travail et j'attends. des giclées noctambules, du "papet" d'au-delà, des flaques qui tomberaient comme des oeufs, juste tout autour, du hachis d'arc-en-ciel. j'ai...
dimanche à l'orgue. toutes ces bouches vers le ciel, - érections orgasmiques venues des mains et des pédales- les souffles chauds montent dans les cheminées de mes poumons. dimanche. parfois je me dis que Dieu est un locataire bien exigent et que le concierge...
petit éloge des tristes. de ces déménageurs qui longent les jours en supportant, épaules lourdes, le poids de la lumière. ils rassemblent leurs idées, leurs gestes alors qu'ils ont déjà plein le corps les mains des encombrements désolés. il leur faut...
tu m'attendras .... m'attendras- tu? -peut-être -bien entendu dans un jardin d'orages et de paille je viendrai en voilette parce que ma mère l'a dit et qu'il fait désormais un temps à sortir sa mère je marcherai sur l'eau, oh oui ! elle aimait trop Jesus...
l'autre est grande. enfin je la trouve comme ça. la seule chose qu'elle a en plus, c'est du vent. un souffle omniprésent qui ne fait que boucher les trous des départs. à la pelle inutile. tinguely, le sculpteur de mon coin, l'avait bien compris quand...
ouvrir mes migraines de parasol, bien larges, gâteau qui tournera comme un vélo de miel en parts de rayons. dessous. hors d'atteinte des spéculaires lianes de Vénus ou des séquelles mouillées d'un nuage, y abriter mes inventaires de mercière trier mes...
Déjà une entière semaine. Le temps s’inscrit cette fois. Je le sens passer. Il m’obsède. Il. lui omniprésent, qui marque et me paraît être l’écrivain, le seul. C’est le jour qui grave, les heures qui formulent. Le temps qui taraude et interpelle. Nous...
Apprendre. Apprendre à lire, à écrire, à dire, à choisir, à penser, à tenir, à partir, à faire. Apprendre à être, à savoir, à me tenir, à oser, à haïr, à aimer, à lâcher, à prendre. Apprendre à devenir, à user, à grandir. Apprendre le vrai, le sincère,...