poematique expiraTOIre
le journal se poursuit. périodes, tranches de temps. je classe un peu sans vraiment faire de tri car ce n'est pas si important que ce soit ou non bien écrit. ça reste les pulsions- mêmes de l'encre. je parle d'encre mais ce sont ces chenilles noires sur le sable de l'écran. on pourrait dire qu'écrire à l'ordi c'est tatouer la couleur, la lumière pixel. poser sa marque noire, frapper, taper enfoncer quelque chose dans de la lumière.
ma lumière mon temps.
je traverse maintenant des paysages sans aucune résonance. déserts où je dois me concentrer sur de très petites choses, des détails. je m'y attelle pour que le journal dure, qu'il persiste simplement comme les plantes. je tire l'écrit avec ces lanières au front. je fais du halage. j'espère atteindre une écluse, un nouveau courant. mais une barque dans la dune... c'est lourd. et j'ai le sentiment que la traversée sera longue à avoir très soif...