poematique expiraTOIre
traversé la nuit comme un pont suspendu.par-dessus quelques gouffres existentiels. moi qui suis si avide d'éternité, et l'épreuve n'est jamais sans risque. je fais parfois des rêves si beaux que j'en oublierais ma soif de vivre. suis passée ensuite du lit aux bains, des bains au miroir, du miroir aux fripes... lustré le corridor dans le sens du bon poil. rites immuables. je questionne la lumière du jour, ligne après ligne, processus d'authentification. c'est la douane mauve. et puis quand se lève la dernière barrière, je franchis dans le creux de la route ces nappes étrangères, des suaires de songes qui attendent là, dernière étape de mon exil. j'échange mon espion intérieur contre un retour au grand jour