poematique expiraTOIre
Cher professeur,
rien de plus glacial, de plus littéralement technique, me diriez-vous, que
l'échantillonnage d'entomologiste du verbe et de ses parures posé sur le pupitre qui
nous séparait.
cependant, cependant
imprudemment, vous lâchiez au détour de votre paletot démonstratif, votre volée
de termes papillonnant
et soudain moi, si souvent dormeuse d'oraisons, piquée au vif, je me mettais en
chasse pour les attraper en courant dans vos champs
vous serriez, minuscule trésor un brin honteux, un dictionnaire de termes de
linguistique dont s'échappaient à votre insu des pollens et des mystères
j'écoutais vaguement ce dialecte vaudou, ce jargon excentrique, endormie dans mes
herbiers de paysanne
attendant cependant que claquent encore une fois les pages et les chapitres
empoussiérés de plumes et d'ailes multicolores
c'étaient de drôles de bruits : une langue étrangère inscrite dans le Routard du
voyage, le prospectus des voies de communications réunies.
Je connais un oiseleur
en fait il aime surtout les oiseaux de paille
c'est fou le temps qu'il passe à vider leurs entrailles, les sécher et recomposer de
copeaux leurs corps mangés par les fourmis
quand je passe devant sa vitrine, il y a tellement de volatiles me fixant sans bouger
je me repais de leur tranquillité, me disant que pour une fois, une fois, ils sont sans
crainte aucune
et là je comprends bien qu'entre ces êtres et moi, rien, non vraiment rien jamais ne
sera possible
oui, même le ciel expire dans les rideaux de la fenêtre
on le voit cet ultime souffle soulevant le voile de coton
on le voit qui se retire comme d'une apnée mortelle
cherchant en nous un sens une idée un appel
de l'air, de l'air
on parle petite mort et un autre a chuchoté : petite résurrection.
&
Bricoleur, vous êtes