poematique expiraTOIre
essaie d'abstraire de l'image, une substance, un miel à sucer, pleines lèvres.
l'approche du monde m'arrive hélas au tamis de ma superbe, de l'orgueil à vif, de l'insupportable blessure des échelles et des ruches. je ne me laisse pas déposer sur ces rayons jaunes, étagères morbides où se collent mes rêves. libres ailes.
personne ne me prendra en me désignant d'un mot, ce parc où se dompteraient les piqûres et le dard fou que je veux suivre. je n'apprends que dans le secret.
chaque porte qui s'ouvre cache-t-elle désormais la camisole de force dans laquelle je vais enfin être ce que faut? ... ton héritage de crainte et de vieille douleur.
dans ma tête, -ô mon coeur est-ce ainsi que je dois te nommer, esprit, vivisectionneur-?, dans ma tête reviennent par vagues les charmes nus de l'homme, ses formules à fendre, tenir, à creuser... j'enserre alors entre mes bagues le dernier silence avant ma dissolution. m'abstraire encore, vite, du désir-sirène.
je regarde le tapis persan de ton jardin. fontaines, buissons et ce beau chemin aux couleurs qui volent. je regarde le mien, si proche, et cherche douloureuse, le Tisserand qui nous a disséminés.
il y a peu de chance que tu le comprennes, peu de chance que tu le saches, -ton puissant verbe qui égrène le fil de vie-, peu de chance que tu perçoives le relief creusé qu'il fait sous ma peau... j'y abreuve la fontaine. heureusement, je n'aimerais pas que tu me saches.
programmation: mettre à mes tempes les chaos de l'encre. ficher la prise en retenant le souffle. ici une secousse infinie qui hurle l'amour et la fumée qui le poursuit.
mon frère acrobate, tu vois bien que j'ai déjà un pied sur le fil... à quoi bon le risque du bitume?
reconnaître la poésie à cet orgasme de poitrine, quand je peux fermer les yeux et lire encore.