poematique expiraTOIre
nuit en poudre. je porte encore le cachet. dans le matin c'est tellement plus qui se lève, la peau la peau et l'air neuf sur la chair je baisse la paupière et mets mes pas dans les abandons. les routes désertées et les murs partout dressés mains cassées...
absence. boulimie d'absence. ouvrir la mangeoire et dès l'instant de l'oeil ouvert, du retour parmi les autres, claper claper claper encore l'absence. m'en remplir, m'engrosser encore de l'absence. tout ce qui est lui fait ventre. je la mastique, la déchire,...
je ne serai jamais vive je ne l'ai jamais été. c'est pas maintenant que je peux m'y mettre, dit-elle ironique. c'est l'impossible. comme remettre un oeuf gobé dans sa coquille. le trou est décidément trop improbable. j'ai dû naître en un seul coup, trop...
lourde. ça y est le poids de la lumière. son acier qui décharne la nuit. me redresser. offrir ma verticale au métronome. attendre le clic du départ. m'attendre qui sait... un balancier régulier. un tempo sans secousses. prendre le temps par derrière....
écrire à l'écriture. ce qu'il voulait... et on aurait lancé ça en l'air. dans l'air du temps histoire de voir si cela allait faire bouger le niveau de l'encre. au fond écrire à soi- même m'étais-je dit. une lettre pour soi que l'on posterait pour soi...
renoncer. pousser le mur deux ou trois pas plus loin. et encore. tourner le dos au mur. il n'est pas là pour rien. je ne passerai pas derrière, à cette poésie. celle des respirations parfaites de l'esprit qui danse une parole. je le vois. suis atteinte...
plus un oiseau. ciel mort, ciel à brûler dans l'être. ils ont dû fuir au bois ou le froid les a-t-il raidi? je cherche un mouvement de branches mais ce n'est que du vent parmi les aiguilles. plus un oiseau, l'hiver. ils meurent m'a-t-on dit, gelés. moins...
garder dans la main le chant. puisque les doigts pépient. qu'ils en veulent d'un grouillement à un autre. que ce monde ne peut retenir. je passe la plume. d'autres leurs portes. leurs fenêtres et même les yeux. je m'étale dans la paume. glissade sans...
soulever les pierres, cracher. refermer la blessure, la terre à cicatriser. attendre que s'en aille la douleur sur le côté l'accent rugueux de l'élan. ployer le corps les mains serrant les jointures. on pourrait tant se casser à vouloir vaincre son tempo....
sans bruit .sous chape le monde. mais ouvrir les oreilles les ramifier les envoyer comme des doigts cueillir. un papier, le craquement d'un plastique sous la chaleur, le souffle de l'ordi, la langue du chat sur sa fourrure, un pas, une goutte qui tombe...
dominante baroque, clavecin et viole de gambe. sons aux feutres et le matin qui en tire un suc doux, régulier métronome. je scande à l'ancienne le lever du moi. les planchers grincent un peu, les hautes fenêtres allongent leurs draps de lumière sur les...
ma valise est ouverte tout le barda des femmes en sortie de secours mes menottes en peau de caille mon parapluie pour faire des longueurs dans le brumisateur céleste il va pleuvoir des clous de nuages quelques gravats à l'écope et mon chapelet de mots...
Je ferme les yeux, profil tendu. Regarder le ciel droit devant. Je subis. Le poison est à fleur de corps, palpitations incrustées. Oh ! oui le monde est bien le plus fort, matières lourdes comme des métaux aux douleurs orgasmiques le creuset des genèses-...
Nos derniers échanges me bloquent un peu. De nombreux sujets d’écrire se sont refermés comme on ferme des placards. L’amour a été le plus douloureux. Sujet dans lequel je pataugeais il fallait passer à autre chose. Les illusions la tristesse aussi. Petit...
ingestion des petits os du matin, poudre pour garder le squelette en état marionnette. tiens donc? prescriptions minérales. ne suis-je pas déjà pierre et dure? je tiens à ne pas couper le fil. qui animerait mes pas si je rupturais d'avec les derniers...
à force, je me dis que seuls les résidus m'intéressent. je ne produis rien, je ramasse. j'ai une collectionnite de squames chronique, une induration dans le cerveau autour de laquelle tournent ces obsessions boueuses. les restes de lumière qu'on appelle...
ça y est, j'ai replâtré le masque, tiré l'âme à quatre épingles. c'est reparti pour quelques jours "d'âmidon" . il y a des jours qui ressemblent à des saisons. un froid intense vous parcourt, vous grelottez d'automne. et puis vous faites un demi- tour...
médecine. pots barbituriques dégagements du corps en touches baiser ou dormir serait-il un vrai remède? pouvoir décrisper sa soif sur une pince clampée de rêves sans retour. entretenir son drame à quoi bon autre chose on en revient toujours aux mêmes....
le secret... dedans les mots s'enduisent de ce gluant dont je ferai un bout de parole, un poème même veule même mauvais ou le contraire. ce taudis essentiel dans lequel je vais pêcher - pécher pareil-. c'est comme ça que ça fait lignes. aller à la raquette...
Ce que l’on pense, ce que l’on ose dire. Ces mondes se touchent-ils ? Contrôle, conformation. Polissage parfait, ce plus rien d’âpre en dehors et qui nous rend cependant si rugueux à l’intérieur, si caverneux et écorché de solitude dedans. Comme j’en...
Jolis coups de fusil. Tromblons d’automne et une grenaille de feuilles et de flocons, c’est la guerre des nerfs. Je te baffe aux degrés Celsius, je te réchauffe dans la sécheuse automate. Mystère de saison. Et moi je ploie je plie me ratatine, m’adoucis....
nous autres hommes fourchettes... devrait pas tenter la soupe! pas tenter de faire des rayures dans la flotte avec cette insistance, cette obsession incurable. on ne veut rien apprendre pas vrai? rien entendre. on n'est pas sorte à vivre nos propres désaveux!!...
transparence. jamais vu un ciel qui donne à ce point l'envie d'être satellisée. prendre la distance, mesurer l'infini et porter le dossard anonyme des spermatozoïdes à lampions. la course est lancée. on va tous y passer dans le champ noir de la grande...
Il n'y a pas forcément un désir sous chaque flocon, comme on peut lever sa jupe sans pour autant danser. il neige par petites couches de sédiments d'amidon. et puis, avec des claques de bise, ça colmate les espaces à la fraîche. l'enfance a beau front....
toujours des mots, les mêmes, -comme de la fleur de sel-, qui remontent de chaque flot. des agrippements de territoire, mon intérieur jardiné. toujours les mêmes trafics d'idées mauves, les mêmes bornes sismiques qui marquent mes frontières. ces écueils...