poematique expiraTOIre
Stress : Le bureau est vide, la table est vide, l’agenda est vide, le lendemain est vide, l’œuf est vide. Je stresse. Je stresse en plein, à pleines brassées, à temps plein , l’un et l’autre embrassés. Noir : je n’aime pas l’idée que le noir soit l’absence...
écrire. avec un animal en soi,un oiseau qui aurait mal aux gencives. écrire je ne sais plus pourquoi. comme lancer des astiquots dans un canal à sec.écrire debout sur le pas de la porte, griffonner vite un mot, dire qu'on est passé mais que c'était fermé...
marche au ciel. je tends le miroir je regarde ces espaces fragiles où mon pied s'essaie, comme marcher sur de l'eau sans fond. effilocher le sol terreux l'échanger pour des plâtres et des stucs. le plafond et les ombres d'estompe pour goûter à nouveau...
la clef tourne. le mur, le désordre orange du hall d'entrée... mon corps dans le miroir. mes yeux croisent mes yeux. rencontre détonante. est-ce moi? est-ce une intruse inconnue qui sortirait d'un jour de travail caché, de l'autre côté...? je ne me dis...
Il y a au creux de mon baiser Des images et des ciels Il y a dans le ciel des images à baiser Une plume d'ange s'envole Je vole en battements de plume Déplume les mésanges battues de vent qui vole Je bats des champs de blé Déblaie le chant d'en bas et...
mis les boules rondes de l'ipod dans les oreilles, j'écoute je m'abstrais. la gare est une monstruosité dans laquelle se baladent imprécis imparfaits- inexistants peut-être -des gens, des tas de gens, des monceaux de gens. je me ratatine sur le bord du...
évidée. castagne intérieure. les violons à leurs archers. tirer champ libre dans le tas. des volées de flèches. crépir le ciel de zébrures. la Terre vient encore de faire un tour sur elle-même et toutes ces traces, ces marquages célestes autour de nos...
palette de couleurs. légumes ça croque arc-en -ciel, la bouche. jaune, lanières de cuir d'un soleil tanné. rouge, comme quand j'en ai plein les yeux. vert, section gazon coupé ciboules tondues aux ciseaux. blanc, coeur brûlant de cucurbitacées, je bande...
je descends au jardin gris. je sais y trouver des brais, des charbons entre les branches pour calfater mon pas titubant. je nappe mes éméchures d'édredon sauvage, un vol au ras du sol. je sais y ramasser à genoux des argents et des ardoises sur lesquels...
juste de l'écume avec un goût d'encre ou une couleur Waterman. à la passoire, aller chercher la mousse. la ramener dans l'éprouvette, comme on chercherait au coeur de cette crasse, l'âme brillante de l'eau. parfois que des bulles d'air et qui s'échappent...
froid, je ne me relève pas d'avoir enfanté ta disparition. je suis cette accouchée de mort. j'ai poussé cherché mon souffle agrippé des cris comme des chevaux qui passent. j'ai tendu mon ventre comme un arc. te faire vivre était mon lit. mais j'ai manqué...
un. unique, entière, âme menottée de chair. ma main et elle font jour à jour le gnomon du poème, jouissance légère qui vole et met la mort à l'essai. est-ce donc la seule inclusion possible, ce double en fusion, peau et souffle, ensemble. ce nous qui...
j'ai la bouche pleine de cailloux. tout cela pour polir les galets d'une belle phrase dans ton oreille pour la coucher parfaite entre tes cils et le fleuve. bouche rase des coupes, l'amour calice. broyeuse concasseuse j'essaie d'en finir d'achever ma...
le jardin court sous le vent, crinières fatiguées des tiges. ce frisson voyage, comme un galop dans un manège et j'ai suspendu ma selle sur le dos du corral. où que s'enfuie cette monture, elle foule un jour des terres extrêmes. météo sur orbite, est-ce...
...j'aime le poème qui débute sur ce mot, doux comme le dos de la main, ouvert avec entre ses lettres des aires de repos que rien n'oserait trahir. ainsi il est mort ainsi il a vécu... ainsi vous êtes et ainsi donc moi aussi. ainsi la nuit qui chante...
Pliures multiples le papier gardera le mot (nerveux désir) sa cabriole, son aile l'ai mis dedans au pinceau d'orfèvre unique fauve indompté en chassant au filet tout l'univers les ans de ma course à la révolution de l'aube -toujours elle et moi devant...
serrer la ceinture de cuir dur à crans tirés compression forte les poumons se tiennent à carreaux gainés d'une inquiétude étrangère ce mal de l'autre qui vous habille d'un invendu de douleur - si au moins cela servait à éclater les lierres, les lourdes...
un jour sans. traversée dans les images. amassé tout le fragile, pensées et cueillettes imaginaires. -"qu'est-ce qui m'a plu chez lui?" dit-elle. elle marche. c'est la forêt, c'est long et le soleil dans chaque clairière qui nous tape sur l'épaule. elle...
Post-it sur le verre de l’écran. Me souvenir, ne pas omettre, garder en tête… petits carrés jaunes qui piquettent le soir. Ou alors demain. Parcours fléché. Les tiroirs de la mémoire ont l’air de coller à la transparence. Le précis de vivre sous forme...
comme tout dedans est chiffonné déplier la carte intime déplier défroisser ce torchon dans lequel j'ai démis quelques pas et deux ou trois tentations défroisser au pressing le leporello des marches à l'échelle nous avons nos pavés nos escaliers et soudain...
musique de salle de bain/l'éponge boit l'eau en expirant de l'air/ je dépose mes eaux pour me donner des airs. naturel de fille contrariante qui dira que l'araignée ne parle pas et qu'il n'y a dans la fourmilière une assourdissante usine à gaz?ô ce bruit...
ma dimension sans sagesse, aspect brut, l'émeri de contact. à quoi bon lisser les conventions, prendre toujours le chemin tracé, la voix de garage- oui x à voix-. ne plus rien inventer ne plus rien déchirer ni le temps ni sa parole! comme s'il n'y avait...
Aujourd’hui, les médias feront choux gras. Le débat a eu lieu. Les analystes politiques détailleront chaque montée de voix pour prédire la tendance des nouvelles voies. Il y aura des fromages, des étoiles, des colonnes, des moustaches dans le panel statistique....
j'accuse réception du courrier d'éternité les âmes dupliquées jouent au miroir chaque oeil en chute libre dans la vitesse de la lumière et une épiphanie de pâleur sans cesse sur mon visage mourir semble d'une discrétion infinie à vrai dire je mets de...
petit mal de panse qui navigue de bas en haut tout du long de ma trouille et du manque d'envie. ce matin, l'estomac glauque chipote son croissant de lune. machouillis de saumâtre et de modeste cafard, un écoeurement léger qui joue les funiculaires des...