Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

poematique expiraTOIre

Vide-poche

 

 

Il y a au creux de mon baiser
Des images et des ciels
Il y a dans le ciel des images à baiser
Une plume d'ange s'envole
Je vole en battements de plume
Déplume les mésanges battues de vent qui vole
Je bats des champs de blé
Déblaie le chant d'en bas et chante bas le roulement du dé
Il blesse mon tapis de jeu
Je me tapis dans il, aile blessée d'un jour à peine né
La journée à la peine
La nuit à inventer, le vent à la nuitée
Porteur de mon baiser.

 

Le silence est dans l’eau.

Sous la cloche, l’enveloppement de liquide. Là.

La chaleur y est douceur et balancement fluide d’un berceau. Chaque bulle glisse son doigt délicat sur ma peau, véhicule de tendresse et soupçon de frétillement.

L’eau est mon silence.

 

Il y a une éternité de temps, une vie de temps…Moi alors petit éclat au sein de l’univers. Infime particule, épingle pointée sur la carte du tendre.

Le vide aussi loin que mon regard, aussi loin que ma lumière. Vide. Néant. Et puis, un cri, poussé par un besoin d’amour ; l’espace se mit alors à trembler d’un séisme lointain.

Maintenant le vide est grandiose place et moi je suis là,  molécule occulte, solitaire dans la noirceur d’un ciel de lit.

Perdue dans l’insondable, à peine planète, pas encore poussière.

 

L’effroi, peut-être l’effroi de ce désert, ou de l’étouffement, ou de l’infini, oui, c’est peut-être l’effroi qui me dresse un miroir car me voilà… deux.

Face à moi, un autre moi, que je commence à reconnaître. Noir de nuit, noir de suie dans l’océan. D’abord intouchable, lointain, inaccessible battement brouillant la paix liquide.

 

Têtard, flagelle, si mince en elle que semblable à l’eau, sans adhérence et sans repère, fusion parfaite à l’œil. Délivrance d’un fluide qui voile, cache et noie tout en nourrissant, en livrant à sa bouche la manne qui le rendra visible. Bientôt.

 

A peine vif, cet être met sa bouche dans la mienne. Nous sommes deux mais ignorants de nous. Nous sommes deux et si intensément semblables que ni lui, ni moi ne nous savons autres. Ma peau est la sienne et nos cœurs battent un rythme identique.

Quelque forme qu’il prenne, toujours moi. Ses mains d’une douceur extrême se font des doigts contre les miens et quand, plus loin encore, il noue ses deux bras autour de moi d’un simple mouvement, je fais de même. J’ai le goût du sel, il me donne le sucre. Il a la chevelure et je deviens de blé. Son rire saute sur la marelle, je connais le hoquet. Et les chiffres sur nos doigts et la délicatesse de nos lèvres, les jambes pour la gambade et les rêves puisés au cœur de l’eau. Il et moi grandissons de nos regards posés sur l’autre. Nous jouons au miroir et dans la fantaisie de cette perpétuelle magie nous croissons et goûtons au ravissement de nos corps entremêlés.

 

Comme tout en elle change et se remplit… Pas une particule de sa chair qui ne se soit pas gonflée du bonheur de cette nouvelle vie ! Elle respire la plénitude ; oui, c’est l’air aussi qui les porte. Et offert à l’amour, son ventre grandit et se tend vers l’homme comme pour lui offrir le monde, ses océans et l’incandescence de ses sens. « Touche-moi, touche-moi s’il te plait et recrée la rondeur. Caresse-moi, jamais ma peau ne sera plus vaste à recevoir tes mains, jamais je ne serai plus grand ventre pour te noyer ».

 

Dans l’eau, ma peau respire la sienne. Pore à pore. Et chaque instant que je le touche, je vais vers moi et je me découvre.

Est-ce mon miroir ?

Pure contemplation de moi.

Effet de regard, une portée de lumière, travail d’artiste formant dans le vide une ronde bosse de chair et de sang.

Oui, est-ce l’amour de moi qui me dédouble et me rend émerveillée de ce que je suis ?

Peut-être est-ce la haine ?

Est-ce tout ce que je veux faire jaillir de ma glaise qui prend visage en face de moi ?

Ou l’amalgame de mes résidus?

Cet autre moi, est-ce donc le tribut de mon corps à l’aliénation ?

Ubiquiste petite grenouille dans une mare de planctons, ou alors duo de batraciens. Dédoublement orgueilleux ou partage des dons et des cadeaux du ciel, Dieu ou diable..... (extrait)

 

 

ce jumeau perdu dans le secret des eaux

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article