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poematique expiraTOIre

Mona Hatoun

photo enlevée

 

«  Je suis une nacelle  volante »

Campement de balançoires. Le vent est en transhumance. Il a posé ici ses assises, avec quelques jeunes femmes sans doute d’une autre espèce, des anges peut-être

Je rêve à l’immobile bonté de l’arbre qui me retient et me prend sous son bras,  protégeant  mes allers-retours dans l’espace.

Encensoir humain avec des parfums de jupons et des prières païennes. L’arbre joue les enfants de cœur, acolyte serein d’une grand’messe de ciel. Je pédale à rames de jambes dans l’azur et cet inutile effort qui part qui revient et qui repart saoule doucement mes lourdeurs. Loi de l’apesanteur. Tituber  en l’air. La nacelle  en petit hachoir berceau découpe  de long en large des  quartiers de soleil.  Je ferme les yeux. Libre.

Mais quand je les ouvre, je suis toujours à mon vertige. Je regarde, les maillons de la chaîne courent très vite eux aussi dans l’espace.  Pourtant ces balançoires-là n’iront nulle part.  Elles ne sont que des mots. Totalement inactives, inopérantes.  Des statues de balançoires,  des métaphores raidies. On devine que l’on pourrait ou que cela pourrait servir à ça : à voler un peu... Mais on le voit tout de suite que cela ne se pourra pas et que bien sûr que non. Les suspensions s’annulent, elles se briment entre elles, se rognent les ailes…

C’est comme ça dans la vraie vie. Les autres vous cadrent si bien que toute évolution et liberté risquent  de devenir  une absurdité.

Alors on songe,  on ferme les yeux comme moi à l’instant, comme pour se redonner une sorte de dignité : je suis un oiseau libre m’étais-je dit.

  Mais c’est juste une définition et pas une réalité : non ! je suis une nacelle envolée !

Alors je sors mon I- phone,  application free mobile…

 

 

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