poematique expiraTOIre
6 avril. presque fini. endosser le vieux costume. les vacances s'écroulent lundi et je me sens à l'étroit, dans le décalage de temps-besoin et temps donné. sa coupe me serre à la taille. j'éprouve les épaules, la poitrine, le cintrage des côtés. cette veste ne me va plus aussi bien. est-elle vraiment de mon âge, tournure sans plis d'aisance alors que j'ai si peur de l'ajustement et de l'apprêt?
j'aspire à des étoffes souples, fuyantes avec beaucoup d'air tout autour. j'aspire. je respire.
où est le temps quand si peu me reste et tant à vouloir encore?
week-end, parmi le froid qui ne décolle plus -lui non plus- de l'air, le brouillard noir de ce printemps de traviole. et nous tous qui glissons entre les deux pages de la terre et du ciel, nous demandant inquiets quand va-t-on refermer le livre et nous écraser?
pas un instant de repos, l'agitation, les fibrillations continues des secondes, le tempo, la vague...
même ouvertes en calice, les mains semblent encore prises dans cette sensation de manquer à leur travail, d'être dans l'effraction.
j'essaie de garder mon calme ce matin, mon indifférence nue. mais je sens que je n'échappe à rien et que seule l'acceptation fausse des choses va me permettre de poursuivre.
fatigue en thermos et laisser infuser encore deux jours.
et puis goutte par goutte par goutte, je laisserai le corps, le coeur l'absorber, la disséminer sous la peau. comme un torrent barré transpirant sous la bonde.