poematique expiraTOIre
après le vasescommunicants proposé par Giovanni Merloni, plus fort encore que lorsque le thème me fut livré, et aussi parce qu'il les a presque trop bien décrites dans son texte, mes ruptures éclatent à mes yeux ce matin.
comme si sous-jacentes à ces écrits journaliers, elles venaient toutes pour moi par le travers de l'écriture. avec une violence si douloureuse.
ruptures-fractures sociales lentes -les murs sont lézardés à coeur - puis-je écrire autrement qu'avec cette distance obligée, de temps, de silence et de retrait à "l'intérieur multiple"..? écrire prend le dernier temps qui me reste. pas réussi en tout cas à me conjuguer à tous les temps. isolement dur.
ruptures sentimentales aussi effrayantes- car elles remettent si crûment en cause le sens même de l'écrit- , d'avec les amis que l'écriture avaient fait surgir.
à chaque fois d'ailleurs je me sens être plus proche de la "folie" qu'on me suppose, qu'on me reproche et qui génère ces coups de lames tranchant sec le lien. la communication se vide en quelques instants de tout son sang.
c'est toujours ainsi d'ailleurs que cela se passe. d'une heure à l'autre...
malheureusement, je ne peux pas dire qu'ils ont tous tort..tous et moi seule ayant raison..? ridicule...
je me sens acculée à arrêter d'écrire. pousser dehors mais aussi par éthique personnelle. blog? le fermer? que faire? réfléchir agir..
-- je fais le décompte. tout n'est que suite de ruptures, de gens qui coupent les ponts, qui tranchent dans le lien abruptement pour une idée pour une sensation, un jugement si certain, pour être en paix ou fuir.
des gens aimés, des gens aidés, des êtres qui ont compté presque autant que moi-même, ont permis la création et la poésie...
toujours cette même action, ce geste qui intervient comme ça et qui ne peut jamais, lui, se casser...
oui on peut défaire un lien, le briser mais on ne voudra jamais briser la brisure et refaire le lien oh! que non!.. ce serait manquer de fierté car on est plus orgueilleux de ses malfaits que de ses bienfaits.
mais quand ils coupent séparent désunissent. c'est moi qui me désunis en dedans, mon geste mon écrit mon poème qui s'écroulent, le sens de ce que je fais et suis qui se dessoude et vacille.