poematique expiraTOIre
passions liquides, le ciel est trempé, la terre est lavée, l'air dégoulinant encore. à l'Est, la lumière est encore si intense, comme si l'aube se la jouait interminable, avec un air de se vouloir propre, ce qui n'est pas le cas. il y a de la grisaille...
balai de bambou. je fais des dessins dans les aiguilles du mélèze. l'arbre immense ne cesse de pleurer des bribes. sur le goudron, l'Orient tissé d'oranges et de lumières, tout mouillé par les vieilles neiges. je tiens dans mes mains l'énorme pinceau...
on aurait pu dire un katana planté dans le ventre de la neige le blanc saigne des transparences n'avait-été cette lame droite gravée des noms de tes amours et qui marquait la frontière interdite enroulées dans le fil qui tranche comme un venin un feu...
je regarde l'étang, je suis cet étang. un lac a-t-il dit un jour. petit lac alors, fluide et dont le fond ne serait pas connu. je viens là j'écarte les branches, les herbes, ces restes de l'hiver qui sont secs, gris, à brûler pour en revenir à la naissance...
Frotter ma langue à la tienne, chat contre chat, râpes et sentiments. Me gaver de tes retors de tes salives cognes De tes jus distillés par devers ne plus rien dire t’es mort dans les idées, tu turbines à la fécule de ta vie vannée Frotter ma langue dans...
transversales. j'enfile le gros boyau de lumière, pleins feux sur la campagne. rouler vite. rien ni personne sur l'horizon de bitume. là-bas un feu, la lune derrière un drap très noir. je perfore la nuit avec mon tunnelier automobile. je creuse dans le...
dans le noir passent les flèches à peine je les entends elles soufflent vite des traces au fil du bruit dans le noir elles arrivent peut-être sont-elles si fines qu'elles traversent ma dépouille si vite percée perforée plus transparente qu'une étamine...
t'as pensé que j'étais jeune t'as pensé que j'étais belle, que j'étais cultivée mais sans les bonnes manières. t'as pensé que j'étais folle, une liane, longues guiboles, la coupe à la garçonne, aux lèvres un long cigare. t'as pensé espéré que j'avais...
je grimpe sur le souffle, parole tu mens aussi bien que je respire. et ce reste meurtri qu'il y a au fond de ta gorge... ne dis rien, je supporte les buées froides des jours d'hiver. je sais tout le feu qui cherche à se faire voir un duvet mince pour...
il a dit je suis fatigué. de toi, a-t-il dit. c'est comme la terre qui doit dormir, comme le sol qui réclame l'hiver, l'arbre la nudité. se dépouiller de sèves, se départir, du temps aussi et de ta saison. je suis las, de ton parfum qui entête et pour...
sandales blanches de l'hiver. le froid me suit dans les étages. pieds nus dans la chaleur fuel, j'escamote le temps qu'il fait et m'habille de chandeleur, sainte vierge des jonquilles, petites laines partout. je blouse le gel, cet hiver qui ne cesse de...
dans le lit synthétique en soie d'artifices chaque tour chaque manège fait pousser des étoiles.je danse dans une poignée d'étincelles en compagnie de punaises de lumière. j'ouvre ainsi le bal des lucioles, le fric frac du noir dans ma couche. et ces rêves...
ayez ayez la même peur que moi partagez ma serrure le plomb de ma poitrine l'espace perdu qu'il y a dans les chambres prenez votre pas mesurez l'immense d'un talon à la pointe sans savoir qu'il y a une fin la chevillère de l'oeil est cassée choisissez...
toujours l'endémie des températures. gaine de froid sur les pas, sur les doigts les épaules. le linteau de lumière se franchit bien courbée une étole velue autour du cou et des gants de faux chamois, drapée zoo factice au plus près du corps. à la serpe...
prendre les mots, les rouler comme un fil sous les doigts. ne pas les casser quelque chose des brisants joue en moi avec des ciseaux. le ciel a déchiré son paquet de guirlandes et les réverbères font la haie mandarine. je passe, un amour à la main dans...
je ne suis pas inquiète l'amour ne viendra pas. il ne passera pas le seuil ordinaire, franchira aucune ligne. je ne suis pas inquiète je sais, je contrôle, ne laisse aucune faille, aucun trou dans la serrure. il ne passera pas, même dans l'air ni dans...
je cherche le lien brisé. ma soie vole en éclats mous. rien ne la retient ni ne peut la fixer. je lance des mots au hasard. ils naviguent comme la toile d'une araignée et suivent le courant d'air, sans attache, sans pouvoir. le lien de la pensée fonctionne...
j'essaie les recoins de la maison. c'est ma terre, la seule de cette histoire. je cherche si mon dos, mon ventre vont s'y "encoigner " facilement, éponger les souvenirs, adhérer à ses esprits. j'essaie les angles morts, les lieux retirés où peut-être...
oh! quelques mots...! de la manière que tu veux, de la façon naïve ou bourdonnante, d'une coulée ou dans le saut des pierres, dans l'âpre tamis de la rouille ou le clinquant des silex, quelques mots blancs, ou de soue, ou alors de l'étoupe. oh! de l'engrais...
les mots se bousculent, pressent, rapides ou flottilles dans la tête. ils arrivent, grimacent et disparaissent. mon cerveau est un Perrier secoué frappé. Jardin cloîtré, l’eau du verre. des bulles y font leur ronde, satellites d’une mer à boire. je sens...
barbelé de vertèbres avec ses accrocs de vent et de chemise clôture punk dardée d'aiguilles et d'os retournée dans le mitan du lit ta main enlace la taille du monde me prendre par le dos comme on vole des rafales au mystère enfiler raide la ruade t'y...
à coups d'à coups, réveil tambour me pousse à l'action. je n'appelle plus l'insomnie la mini jupe de la nuit mais le raccourci pour la lumière. dégrafer les nues, les foutre à poil mais dans l'obscurité encore. après il me reste les tâtons, la sculpture...
j'essaie à nouveau ton visage, enfile la veste du temps par la manche frileuse. ai peur de me cogner à tes yeux, de m'y sentir perdue ou pressée, comme de la nuit de pupilles. j'essaie ta bouche close, beffroi de la vie, interdite pour cause d'éboulis,...
un écrivain a toujours un correspondant, un compagnon des mots comme lui. ils s'écrivent avec des entêtes, des dates précises ou alors se jettent des phrases d'une banalité urgente sur des nappes en papier ou des cahiers déchirés. ils y tiennent. c'est...
Après-midi cherche –chaleur Dans le bleu limpide du printemps Suis du peuple assis en tailleur sur des échelles Dans l’équilibre désœuvré des contemplations Sous l’œil Une incubation de fenêtres Petits œufs de soleil partout Le semis de lumière que je...