poematique expiraTOIre
souvent le matin, je partais avant la circulation. il m'arrivait parfois de ne croiser aucun véhicule. 20 km, comme ça, en roue libre dans un monde surmotorisé.privilège. j'étais pressée. rattraper le lever du soleil, me tenir le plus longtemps possible...
ce sont ces visages. quand on les regarde, on voit encore l'enfance dedans et puis une impression de piège et d'innocence surprise qui se camoufle, qui essaie de se faire oublier. peut-être ont-ils ce sentiment de devoir se cacher. inacceptables d'expérience...
passage sous la terre. te souviens- tu ce qu'on en disait? ..manger la terre. le goût âcre qu'on a dans la gorge quand les choses sont rampantes, qu'on est comme le mort, sous la couche d'herbe, sous la motte. qu'on doit se tordre, se démener, serpenter...
l'intérieur est-ce un pays..? que puis-je trouver là-dedans ? un désert une ville avec des marabouts sur une jambe et des porteurs de ballots? vais-je vraiment y voir la tempête le soleil la chaleur..? tout ce monde que je ne connais que de la tête. faut-il...
s'il y a quelque chose qui m'a toujours fascinée ce sont les obsessionnelles activités. les collections, les dessins minuscules les gestes répétés ritualisés , les immenses surfaces remplies de détails ou simplement la reproduction permanente d'un mouvement....
je m'assieds, contemple. bras inoffensifs personne dedans. le monde tourne j'ai le vertige, ivre manège. j'en ai assez de faire la belle, de sauter à la corde, de marcher sur les pointes...chercher quoi au fond? des acquiessements des encouragements,...
Parfois la poésie n’est qu’une bibliothèque de couleurs, comme le ciel se remplit d’assourdissantes meutes. Derrière le bleu. Sans image, l’orage. La tête est obscurcie Le cœur en arrêt Je sens qu’il faudrait franchir une douane Noire bien sûr Qu’il y...
mon père ne cesse de s'en aller. la maison est pleine de ses savates qui processionnent. le chat passe aussi. il étrenne les murs à angle vif. important de se frotter à l'espace et d'y gratter ses puces. le vieil homme fait dans l'invisible la gestuelle...
point de frilosité sous le bras. une histoire d'oiseau qui niche à l'aisselle bec et ongles. une douleur qui me rappelle que j'ai un coeur, du sang de ces nodules qui ont l'air de siéger dans le reste du corps en évitant la tête. ce doit être ce vieux...
croire en des choses subtiles demande de la force. plus ces choses sont fragiles plus il faut être fort pour y croire. comme un sarment sur la vigne, quelque chose de greffé qu'il faut laisser monter et grandir. je ne vais pas faire quelque chose "ensemble",...
me laisse parler. me laisse divaguer. le ciel est bleu comme un bol de lait porcelaine. en dehors de moi. -il y a toujours des vitres Sécurit dans les parloirs- sous cloche. errance intérieure. partout la même. dedans ou dehors, pareil. je suis dans la...
il a dit que je ne cherchais rien, qu'un lecteur. comme si la vie n'avait jamais eu rien à voir avec l'écrit...qu'on me dise si j'ai tort, veux comprendre. je pensais mettre à nu des choses qu'on n'arrive jamais à expliquer et qui sont toutes enfermées...
C'est décidé, Je le ferai. Peu m'importent les vieilles rancoeurs, Peu m'importent toutes ces déceptions auxquelles je suis maintenant habitué, Peu m'importent tout ce que peuvent témoigner les moignons ligneux des cicatrices passées : Il m'attend. Je...
j'écris affectif. j'ai toujours la gueule ouverte. comme ces chiards interpellant sans fin la louve. survivre de lait, qu'importe lequel. c'est la tripe qui rage et pas le cerveau. c'est certain. une sorte d'enfance mal châtrée et qui tête de l'amour...
devoir de nuit. je rentre comme le chat, du froid aux pattes, en remontant mes goulets, mes escapades par derrière. avec ces constats aigres de la lâcheté humaine, ces miasmes que laissent les fuyards, les ravageurs de parole, le grand large cousu dans...
Nos alarmes d'oiseaux ne tiennent pas devant la ferveur : tous les jours nous demandons à cette lumière de définir ce que n'est pas la lumière (mais impossible de céder) tous les matins nous demandons à cette lumière ce qui n'est pas de son ordre (mais...
nourrir le sauvage l'incontrôlé goûter dans le lit mauve hors d'oeuvre de malt et d'ailes grises l'ivresse légère du dormir dépiauter le pesant du rêve couché en travers du ventre avec des pattes et des doigts mécaniques fusion des sables allant vers...
la poésie, avec ses mots, comme des paillettes, des écailles - j'aime tant l'écaille, pour son admirable reflet, sa transparence en lumières, son art de l'aviron à même la peau- ne rapproche peut-être pas. elle me projette sur un faisceau bien loin et...
Il dit que je ne dis rien. Que les mots sont des mots et qu’ils ne m’appartiennent pas. C’est le hasard qui les fait sortir de ma bouche, la parole est bien au-delà des corps. Ça vient de derrière l’univers presque. peut-être a-t-il raison… ? Il y a une...
journal - poésie- aube. mes mots peuvent-ils construire quelque chose? la question que je me pose, me sens "contrainte" de me poser. tout m'y pousse. réfléchir (dans les deux sens du mot) ce que l'on écrit? ou alors, -au contraire presque-, avoir conscience...
matin bandonéon. les doigts fébriles sur des touches de nacre. corpus tango. danse! vas-y! tendue ferme et ce rien dans tes reins qui supplie, qui avoue mixer les pas à des commotions intimes. reste dans l'air, dans le jaillissement, suspendue. chaque...
-" ..trouver un endroit qui me plaise- la Toscane- ?" dit l'homme. conversations à tâtons d'absence. est-ce un lieu de villégiature? -moi-même manque d'ancrage- mon réel est dissous en ce moment dans ma tasse de thé. tea-room and cupcake elle sans doute...
je suis sortie pelleter la poudre. poussières blanches ultra bright. aucun effort. l'outil a glissé sans heurt, en accord. pas un bruit dans la rue, première à la tâche. tout est propre comme il faut... mais voilà je regrette chaque traînée. une si belle...
homochromie du pâle ma figure , la neige, à l'heure du limogeage des songes est-ce vraiment un temps de rêves ? et de gaspillage de la main qui cherche à décoller le blâme secret du silence est-ce vraiment un temps de rêves? je porte mal le costard de...
cahier rouge.il est plein. changement de papier et de couverture. faut que je me refasse l'encre et la main sur des textures. lissage parfait ou granulé sensible? je dois choisir. entre le facile doux ou ce léger rugueux qui fera tressauter la mine. choisir...