poematique expiraTOIre
une nappe de bistrot . papier blanc et tout dessus, des gouttes de sang et la pluie de la vie sans histoire. je déchire. bribes semblables aux années et ma fine écriture comme un doigt qui glisse sur le mur. j'étale l'encre du jour sur ces conversations...
Je ne sais si cela peut ou non. s’arrêter ou se poursuivre. entre. un côté et puis l’autre. C’est le devant ou le dos de la scène. le fil précis tranché, cour ou jardin. Il y a bien un nom pour dire cet instant, non? …Je ne suis pas plus vive que tu n'es...
à l'épuisette, pêcher des algues ou du fretin, des bulles remontées de ton sommeil de tanche. comme du verre qui craque sous la danse. la nuit. dans chaque pore de l'eau tes syllabes se démontent, hachis de mots. éclats muets à la surface de ma langue....
un instant poème un trou dans les cadenas du temps pupille enchâssée dans l'éponge de buées le ciel se couche un instant de cigare un rouge feu de puits la braise d'horizon à l'odeur bleue à cueillir entre ma bouche avant que de dormir je me contente...
état de verre vitre et mouche, vitre ou mouche transparence floue de jour grisouille. la brume pénètre dans les pores de sable. dissolution de lumière entre été et automne. je regarde et ne touche que le manque d'air. je reçois mes visites au parloir...
j'ai peur. une petite trouille de ne plus trouver une seule image à me mettre, aucune lettre à me faire du rouge à lèvres. me lever un jour avec un énorme tas de phrases de chants et de pluie écrabouillant mon coeur sur le pilier de grève. ne plus pouvoir...
corps fumée entre des doigts fluides. je fane cette heure de parfum quand je pense trop à toi. loge de chaleur que je transpire à haleter une faim à ronger les murs. la nuit est un vaste enclos où je hume des pistes embrouillées. c'est en l'air que je...
un bruissement de gravier sous la semelle, biscotte de promenade ou craquement rouillé entre des espaces. une pluie de froissements sous une course rousse, j'effrite des images comme des feuilles sèches, rythmée des battements du sol... je marche à la...
petite extase de café je sors mon vieux cafard entre poil et plume ce chien et loup à mettre autour du cou un exploit de cirage avec beaucoup de pluie et des chutes de saison le bruit de feutre mou du silence s'évente dans mon crâne j'ai calciné l'ennui...
il parait que ça ne veut pas dire grand chose- on jette ses mots en l'air et on regarde comment ça tombe.- poésie déracinée des entrailles, ou de l'esprit. on a sa boîte à outils et on joue à se construire une petite âme ou un reste de corps voué au stupre...
ne peux écrire que des textes courts, beaucoup, trop, mais courts. pas le souffle, me sens comme un mal de poumons. et puis je ressasse, moteur qui tousse, comme il apprendrait à tourner rond avant de prendre une route. je rassemble des choses, j'accumule...
virages. dernière halte. Lapalisse nationale 7. je me prends dans les embouteillages du vide. les migrations ont changé de flux. personne dans la ville et ce soleil rasant de fin de jour qui embellit murs et plinthes. je passe du temps à m'occuper de...
j'écoute. je ne fais que ça écouter tiens.... et par la force des choses, c'est que j'ai beaucoup à entendre. rôle et jeu de rôles. peut-être est-ce pour cela qu'il me faut sans cesse écrire logorrhée verbeuse je me laisse fasciner tétaniser par la conversation...
secouons le miracle, grand saule sous la pluie. suspensions éternelles dans le provisoire de mes jours. le prodige garde la chute imperceptible et l'oeil vaque à des taches plus évidentes. épuisement des éclats annoncé. je ne garde que cette certitude,...
chaque issue se colmate d'elle-même suffit d'attendre que passe la pluie l'anguleuse lumière perdue dans les lézards qui musarde des secondes et s'en va. je porte la chair vagabonde de l'amour froid enquête de soleil l'attouchement de l'ombre a mis la...
rouelles contre l'aphasie, prendre dans le souffle, le court qui lui reste mon doigt longe le texte à la recherche du seul mot à cueillir. je le vois, splendeur muette et je repars habitée du regret. j'ai rêvé d'une étrange rencontre dans une montagne...
mettre dans ma main les petits crânes des oiseaux. ils connaissent à mon avis le secret que je veux. voient-ils l'autre horizon? trier entre les mots les sons qui jouent de ma corde sensible. cette symphonie soufflée quand je voudrais un air de rien,...
le cahier est trop grand. le prochain sera nettement plus petit, que je puisse mieux le glisser dans l'incognito et la discrète brume du tout le monde. me sens trop énorme, non glissable dans les interstices espérés où disparaître et vivre l'état fantôme...
c'est de cet endroit dont tu imagines volontiers qu'il est à mon image que je t'écris. à mon image? comme j'en serais heureuse! avoir une image quand je peine encore tellement à poinçonner mes traces sur le tain de la glace... une transparence parfaite,...
l'enfant en moi tisse son pull-over boucle rouge dans boucle d'hiver avec le doigt patient crochet à faire il tisse à la roue de fortune un fil voué à la transparence le roi est nu dans sa coque de vent le roi tremble et le froid qui l'habille garde dressée...
musiques, ce sont des musiques tout, autre, limpide des grisailles ou des lumières pareil, frère, simulacre ce sont des voiles uniques l'étoffe de tulle de la nudité encore, presque, ainsi la couche épidermique de l'air l'épais d'un souffle, buée d'été...
le lac, - mais oui!n'allez pas en rire, c'est vraiment un lac avec tout ce que la géographie exige-, sous mes fenêtres. format étang et réserve d'oiseaux ( mais pas de poissons), de grenouilles et têtards pour les échassiers de passage. on vient d'y dresser...
ranger les souvenirs dans le semainier. ai vécu quelque jours avec des noms de planètes pas plus mise impie des heures bigoudis sur ma tête comètes et rouleaux pour les quelques piastres de salaire des jongleurs de fossiles ils tiennent sur leurs sexes...
-traîne de blues, la nuit quand même finira par s'en aller et rejoindre un peu de ciel. il fera beau à en croire la fenêtre. -me suis leurrée,(j'ai dû le vouloir inconsciemment): l'image n'était pas pour moi. cela ne fera qu'ajouter une pièce au dossier...
Qui fait quoi au portique de ma solitude ? Mon image se tient à califourchon entre les stèles à saints et les niches à pigeons. Tout en haut de l’immeuble. Flagornant et piaillant je ne sais trop quelles litanies et quelles oremusparty à deux pas de l’église....