poematique expiraTOIre
Un insecte sur la vitre, tache qui bouge, avance, verticale sans vertige, aisée droite. L’observer, lui char d’assaut de chitine poussant sa carapace vers le ciel, croyant peut-être arpenter un monde horizontal. Toute la vie derrière cette vitre. Comme...
Gaz délétères. La chambre en est lourde Giclées de parfum virant effluves Les disperser prend beaucoup de temps, de douleur et de cheveux perdus Je ne partage pas ma défaite en de nouvelles défaites plus petites, plus anéanties je ne sème pas dans le...
on vient de débloquer le jour au péage. me sens comme un bolide en mal de course. foncer droit en suivant la ligne blanche la ligne blanche continue. course des offshores d'écume terrestre. je mets la gomme. je suis accrochée à l'appel d'air, ventousée...
larve état larve république larve étendue enroulement coquille patte ventousée à la patte oeillet de chair rose dans la terre perte de sang d'un foetus de fleur comme un rubis de glaise larve je suis pelée peau cuite épelée bouton sphincter les humus...
partition de verre. la rime court sur un bruit, un cercle et le manège du doigt. je tourne à mesure les révolutions de ma planète, faisant monter du sable de cristal, une coupe musicale. le bateau à aube pousse son ventre renflé de grands crûs de beaujolais...
je lis... alors que les jours semblent s'acharner à vouloir me proposer de nouvelles disparitions, des effacements, comme si je m'étais baladée dans un road movie et qu'aucun personnage n'avait jamais eu de réalité et qu'il me fallait admettre cette légèreté...
j'ouvre la bouche dessous les pierres mes bras chevelure en nageoires, je regarde le ciel les gouttes aux ailes d'ouate cet immense bleu qui a peut-être un goût de mer voici les yeux penchés vers moi d'une femme aux cheveux gris elle cherche à me saisir...
rester allongée. le ciel s'est juste entrouvert. le store en métal gris bleuté est à peine relevé, à mi-hauteur des yeux. je reste allongée avec toute ma compagnie. me sens habitée de multiples présences. il y en a, c'est bien. le lit est vaste, il abrite...
il faudra décrocher la tendresse du mur rose c'est un dragon qui a disparu du ciel ébroué ces essais de vol dans les portées de fleurs et de pollens ont dû tourner au coude des nuages, je suppose. j'apprivoise les nouveaux tarasques de la peur l'ancien...
je fais partie des amantes maigres qui jouissent par la faim dans les esquilles d'os des hanches des bras d'une peau collée à l'âme le plaisir course le fil mince des oiseaux il se fraye des trous entre derme et miracle jusqu'aux cils de Bouddha soulèvement...
plume bouchon plume bouchon plume. ..calme des jours monochromes. m'allonger sur un radeau. les mots reviendront. je laisse l'encre couler. elle a des choses à dire sans moi. elle court sur la feuille, fait des éclaboussures et puis de vrais mots aussi....
caverne sonore où dorment les stalagmites et les fleurs je retourne la nuit sur le ventre ne pas voir mettre les oeillères de lierre - souffrir est le fond de commerce des histoires- briser le temps en miettes sonnantes et jeter les graines de la faim...
ai sectionné le temps en tranches comme ce matin le bûcheron a coupé le prunier. l'ai mis moi aussi en tas à sécher contre le mur tranches les yeux ouverts, tranches les yeux fermé., régulières ou non. tranches à mettre les rêves dans la corbeille des...
Ai posté ce matin dans un filet de vent Le prénom bien aimé des jours de bon temps Ai repris le chemin qui court vers sa maison Le fil illuminé des rives et des buissons Nous étions des enfants, liés de mille jeux A force de grandir, le ciel nous a fait...
Bonjour, Le N°12 de la revue Saraswati (revue de poésie d'art et de réflexion) vient de paraître : 130 pages (format A4), beaucoup de lecture en perspective donc. Les textes sont reproduits sur papier ivoire et les oeuvres plastiques sur papier blanc...
malvenue explosée ta gueule malade la meuf! va te faire soigner l'âme, va te faire rétamer les tôles t'uses mon air, mes ficelles et le chanvre roui de mes envols j'ai des choses à piquer, à planter, à sectionner dans les tiges et toi t'es la peau qui...
toutes les fleurs du monde prient bouches à pollen et bourdons de clocher je suis des sépales ouverts à des réceptions de foudre Dieu parlera sans doute dans un retour de pluie la belle averse! je bénis les météos en forme d'encensoir on m'a dit que la...
ne pas reprocher à l'écrivain d'aujourd'hui d'être ce qu'il a toujours été s'il vit croché à son clavier, affairé pareil que lorsqu' il vivait à sa plume, il reste vivant et travaillant bordel! écrire ne change pas mais s'amplifie d'un nouveau geste et...
défilé de l'eau; entre les doigts poussent des idées, des sortes de vagues qui massent l'océan. coulée de vases transparentes mais lourdes tout du long de la peau. j'écoute la caresse. la reprise en coda du souffle et du soupir. j'écoute. le corps rémoud...
chute attendue- comme un incident obligatoire- l'effort de soulever les agrès acrobates d'une lumière qui aveugle. il le faut bien, nourrir l'oeil de cet éblouissement droit dans le front- l'effort est parfois si difficile à organiser contre si peu à...
c'est un instant, qui ne va pas durer, qui ne peut pas durer. court trajet d'autobus et puis prendre le train. voici les escaliers, les rangs serrés des marches qui tirent vers le ciel, les quais, le départ. je ne sais plus où je me rends, ce que je vais...
je voudrais être au harem gris des choses dans le deuil interminable des feuilles du tremble l'amour que je connais a pris sa potion d'éphémère et rejoint les zones de transparence. je voudrais vivre en boucle le rire avant qu'il ne finisse le tenir contre...
t u as plaqué l'univers sur la porte de la chambre lits et déluge de fuite glissé tes mains dans le delta agrafé des fleuves sur le bois des palissades puis un oiseau plus rouge qu'un coeur de feu tes paroles ont fouillé des mots à même la langue goûté...
comment te comprendre homme? tu gardes des secrets que le jour emporte dans ses poches et la nuit dans la fumée de ses opiums. comment ne pas avoir cette crainte morbide, profonde tellement que je dirais le désir, de ne jamais savoir et de mourir ainsi...
deux sacs pour transporter l'essence bandoulières de cuir effileur de lames fermeture scratch velcro et ventouses que c'est léger un coeur qui a perdu ses semences porter ainsi un nuage de lait de paroles à l'encre sympathique dresser des fumées les racines...