poematique expiraTOIre
toutes les fleurs du monde prient
bouches à pollen et bourdons de clocher
je suis des sépales ouverts à des réceptions de foudre
Dieu parlera sans doute
dans un retour de pluie
la belle averse!
je bénis les météos en forme d'encensoir
on m'a dit que la fumée des sacrifices devait pointer chez Tonnerre
pour des exaucements rapides
je prie alors
le bréviaire à baleines
pépin de ciel contre la grêle et les mannes infectieuses
les acides d'amour brûlant de peau
je fais voeu de gratitude
et qu'importe si c'est à l'envers des saisons
il neige à nouveau sur les suppliques
robes ouvertes et ovation de tiges
le froid essore chaque oraison de jardin
la prière appartient à ma timide réclusion de chambre
le jour tombe dedans
et j'en fais des sortilèges
j'invente ainsi des amours qui n'existent pas mais qui enchantent la mort
le temps est si silencieux qu'il fabrique de ses doigts un ennui joueur, des pliages audacieux d'une âme dans l'autre
chaque mot qui vient est un ruban d'images
je suis dentellière de fuseaux horaires
crois-tu que j'oublie, que j'oublie...?
l'orage ne descend jamais dans les apnées de ta bouche
dans ma chambre ou là-haut
là où marchent les trapèzes, forçats du tempo lent du métronome
desimprovisations vierges jouent les mondes, les autres
à moi le temps et le silence
aucune musique n'existe dans la "trépidance"
timide chambre
vêtue des flux douceâtres des gouttes