poematique expiraTOIre
Un insecte sur la vitre, tache qui bouge, avance, verticale sans vertige, aisée droite. L’observer, lui char d’assaut de chitine poussant sa carapace vers le ciel, croyant peut-être arpenter un monde horizontal.
Toute la vie derrière cette vitre. Comme je me tiens derrière la mienne, patinant pour aller vers et traverser le miroir mais varappant peut-être vers quelque insaisissable hauteur.
Entre lui et moi, une histoire de dimensions extrêmes, lui chutant sans que rien ne puisse l’atteindre, dur, petit, résistant et moi proportionnellement géante colosse qu’un rien pourrait briser définitivement.
Le peu d’espoir qui me nourrit cependant continue de me préserver. Je fixe depuis si longtemps un point au-delà de ma vitre, le sens auquel accrocher mon unique grappin que j’en deviens moi aussi armurée,écorce vive,insecte,un tumulus en marche.
La vie n’est pas le bonheur. Le bonheur c’est le sens que l’on donne à sa vie.
Le mien me semble avoir l’aspect d’une tête d’épingle sur la toile immense. C’est là que j’ai fixé mon rivet.tête d'épingle sans visage mais brillante