poematique expiraTOIre
dans la vie, rien de plus normal que les éclats, les conflits.
les raisons de l'apparition de tels moments douloureux sont innombrables, variant de la broutille à des choses beaucoup plus profondes, provocant, elles, des dégâts importants et qu'il importe de reconnaître et de faire reconnaître.
de ces moments conflictuels, on peut ressortir plus forts, plus vrais, plus authentiques. ou alors non...
c'est là qu'intervient un mouvement essentiel et qui est le vrai geste de construction simple ou de re-construction, de soi et d'une relation; le geste qui rend la chose acceptable, intégrable et donc de la digérer, soit la demande de pardon.
pardonner est un verbe qui semble être le synonyme pour la plupart des gens d'abdiquer, de se rabaisser.. pourtant, demander pardon est le fondement du futur. il faut le pratiquer, en savoir le sens profond et l'ouverture qu'il recèle, sa richesse et sa puissance.
même les nations à un moment ou à un autre passent par l'étape de la reconnaissance des fautes et du demander pardon, ceci afin de remettre en route les vies brisées d'individus comme de pays tout entiers.
sans le pardon qu'advient-il? le conflit stagne, marne. les douleurs ne trouvent aucun chemin d'apaisement, les tensions prennent forme de larves. les vies semblent se figer dans l'irresolu. rien ne se transforme en papillon. combien de victimes de sévices graves errent ainsi leur vie durant à la recherche d'un rétablissement de justice impossible à obtenir!
ne pas demander pardon, c'est avoir une si haute opinion de soi-même qu'on en arrive à justifier ses erreurs, ses méchancetés au nom de sa nature, de sa personnalité, au risque de trouver normal le pire, se cachant derrière la fragilité et l'ombre de la vie humaine.
alors ce qui demeure peut-il s'appeler rancoeur ou me permet-on de le nommer souffrance?
en moi,ce sentiment bizarre de poursuivre, de cheminer dans un filet élastique avec ces boulets qui me tirent en partie en arrière. morbides points de blessures qu'on ne veut pas me permettre de soulager ni de cicatriser.
et il parait que je n'évolue pas...