poematique expiraTOIre
on vient de débloquer le jour au péage. me sens comme un bolide en mal de course. foncer droit en suivant la ligne blanche la ligne blanche continue. course des offshores d'écume terrestre. je mets la gomme. je suis accrochée à l'appel d'air, ventousée par les grands gabarits, les monstrueux tankers de vent. je file sur le flanc, je dépasse.
la puissance du soleil revient, qui met les peaux à griller, qui tape le cuir et qui va nous teinter en joie de vivre, tous autant que nous sommes, les boîteux les claudiquant et les comme moi, toute retroussée dedans vieille mitaine. la maison craque, se démantibule. elle fait ses étirements de base. j'entends les tuyaux, les chenaux, les bois. tout se disjoint pour reprendre la position, au starting block. les racines de mes grands arbres grattent, démangent. je sens une sève électrique fusiller les ramures. ça va péter le bourgeon, la semaine. une éclatée furieuse de nature.
et moi qui ai perdu mes amis, oiseaux et hiboux, tronc pelé de ces gels, espère que quelque chose va sortir du fin fond de cette mort.