poematique expiraTOIre
pas de texte. peux à peine écrire. état amphibien entre gelures et plein été. je suis en dislocation. les lieux s'effritent en faisant des souches fébriles; je troque la campagne contre le lac.
arbitraires faveurs des miettes que je jette aux oiseaux. sur la terrasse du grand Hôtel, dans une noyade de lumières, ces trois pigeons et moi qui lâche ici morceau par morceau les âpres crachats de l'hiver.
je titube sur la feuille. trop de soleil soudain quand je n'ai pas encore saisi le mot neuf. je sens qu'on me fiche dehors sans le moindre regret.
les rives du Léman sont infestées d'autres, tout aussi surpris et qui se voilent les yeux comme moi. il y a des évidences que l'on voudrait escamoter sous nos Ray-Ban des grands jours.
je crois les doigts, les jambes, le fer intérieur.
ici comme dans la vie, on passe à autre chose. nouvelle température montée d'une claque dans le dos.
me sens nue et brûlante.