poematique expiraTOIre
Il dit que je ne dis rien. Que les mots sont des mots et qu’ils ne m’appartiennent pas. C’est le hasard qui les fait sortir de ma bouche, la parole est bien au-delà des corps. Ça vient de derrière l’univers presque.
peut-être a-t-il raison… ?
Il y a une forme de mensonge à écrire la vie car la vie est ailleurs, il dit.
mais peut-être a-t-il tort… ?
J’écris comme on ouvre la porte ou la boîte, je décapsule. Tête bouchon à faire péter au plafond. Il y a des jours où les bulles sont énormes et s’écoulent partout et puis des jours de vin huileux. Rien qui s’échappe.
Quand on tient le rôle de barmaid, ce n’est pas évident de savoir que les clients ont toujours soif et que tu ne donnes rien qui les satisfasse. Mais en fait, ils ne viennent pas forcément pour les alcools. Ils viennent pour mon cul, mon corps, mes seins qui balancent, petits shakers du désir. Ils en veulent à ma chair, en veulent à ma voix qui taxera le plaisir.
Ça fait 4 balles 50, s’il vous plait...
J’écris comme ça derrière le zinc, à l’ouvre- bouteille, à la manette pression, au verre...
Je veux un pourboire mais c’est moi qu’on vient bouffer et sucer, la langue au chalumeau et les joues aux glaçons.
C’est comme ça écrire. Croire être le vin mais n’être que la fille du comptoir