poematique expiraTOIre
balai de bambou. je fais des dessins dans les aiguilles du mélèze. l'arbre immense ne cesse de pleurer des bribes. sur le goudron, l'Orient tissé d'oranges et de lumières, tout mouillé par les vieilles neiges. je tiens dans mes mains l'énorme pinceau façon Verdier, mais je n'ai pas la fibre pompée des sorcières.
je laisse la danse intérieure marquer le sol. les poils de bois crissent délicieusement tandis que voltigent des éclats d'arbre comme des étincelles. je me prends pour holiday on ice à moi toute seule. il a plu donc à nouveau des runes arboricoles sur la petite place, plu aussi quelques branches graciles avec leurs pompons de pignes et j'éclaircis le terrain. je fais comme ces jours de bricolages enfantins où on me demandait de gratter la craie grasse noire qui recouvrait les couleurs. je voyais surgir des soleils étonnants.
ce matin j'ai l'esprit balayeur. veux écrire des choses dans les aiguilles, tracer dans l'humus. je tiens mon balai de bambou et je gratte le noir.