poematique expiraTOIre
dans le noir passent les flèches
à peine je les entends
elles soufflent vite
des traces au fil du bruit
dans le noir elles arrivent
peut-être sont-elles si fines qu'elles traversent ma dépouille
si vite
percée
perforée
plus transparente qu'une étamine dans un lac d'obscurs
j'ouvre le dernier sens qui me reste
celui de la peur
la crainte est la survie
je le déploie
radars gros comme des coupoles à l'affût du monde
elles pivotent en se balançant sous les mots
l'incandescence de votre haine, de votre amour peut-être
vents solaires vents polaires
mais du vent
j'oscille, je plie, je craque à mes raideurs
je froisse l'âme autour de mon secret
un pépin de poussière dans un papier poème
semis aléatoire
et des flèches partout
qui cisaillent le noir