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poematique expiraTOIre

journal 90 (nonante)

je cherche le lien brisé. ma soie vole en éclats mous. rien ne la retient ni ne peut la fixer. je lance des mots au hasard. ils naviguent comme la toile d'une araignée et suivent le courant d'air, sans attache, sans pouvoir.

le lien de la pensée fonctionne mais le poème est un hallelujah paumé dans le désamour. rien ne veut plus sortir du livre d'images et ce cahier fermé a cousu mon souffle entre les chemins. je n'ai plus rien à dire. mourir d'amour c'est mourir  de mots peut-être aussi.

chaque poème poussait fertile,  éruption charnelle ou tour de passe-passe. sans cesse.  mais cela ne suffit pas pour exister.

maintenant le mot d'amour me fout la nausée. je lui tape sur le clou et je durcis le sol, qu'il ressemble à ce qu'ils veulent, un effroyable raisonnable, le réel, texte codifié. chacun sa place.

le coeur n'a jamais été si petit, si carré, si lisse. quel champ pour la liberté? aucun, mais juste ces artères monochromes à la circulation règlée des flux permis et des sens interdits. il n'y a plus d'énergie pour mes mots, carburateur scellé. ta gueule la poésie! pédale maintenant dans le quotidien. c'est ça la vie!

indice pollution maximum. j'ai les poumons remplis de particules nauséeuses. je sens que s'entrecollent les ballons libres de ma poitrine. j'étouffe dans le carcan de la bienséance. chacun sa place.

combien de mots encore avant que langue ne se bétonne, sécheresse poèmale définitive. chacun sa place

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