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poematique expiraTOIre

journal 97

il a dit  je suis fatigué. de toi, a-t-il dit. c'est comme la terre qui doit dormir, comme le sol qui réclame l'hiver, l'arbre la nudité. se dépouiller de sèves, se  départir, du temps aussi et de ta saison.

je suis las, de ton parfum qui entête et pour finir écoeure, qui envahit mes choses, mes loques et mes doublures. je suis las de tes gestes qui passent et repassent toujours aux mêmes endroits, plis bien marqués, faux pli pourtant, ce traviole sur ma chemise.

je suis épuisé comme un rêve trop repris et sucé chaque matin avec des cailloux dans la bouche. tu n'as pas la langue de Démosthène et tes oraisons sentent le lendemain d'hier. tu ressasses la même nasse.

épuisé de tes demandes, de tes réclamations, l'obsession,  de tes TOC de coeur et d'enfance qui rappliquent au galop à chaque fenêtre du train qui passe.

épuisé avec maintenant déjà des souffles de retard, des pas  derrière toi, à tenter de suivre. la corde est de plus en plus mince qui va de mon ventre au tien. elle serre le foie et les entrailles. je suis dans les occlusions de nerfs et de passages.  je suis fatigué. 

j'ai des idées à rassembler, des aubes à laisser échoir loin dans le matin, des repas frugaux  car je ne connais plus la faim. mon désir est dans les cintres, une peau dont je ne connais plus les mesures. je crois que le tien est trop grand ou le mien désajusté. on flotte l'un dans l'autre. même à jambes cousues. 

je suis fatigué des cent pas, des naissances qui ne viennent jamais et du tourniquet incessant qui fait battre la porte et mon vrai voyage. 

il a dit. c'est entendu.

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