poematique expiraTOIre
Lentement je me fais à l'idée de mévivre, de n'avoir aucun ciel pour y attacher mes semelles. je m'y fais avec une patience sage, l'encouragement que l'on se prodigue dans les silences en se murmurant l'amour à soi-même. je me résous ou je m'applique. l'un et l'autre sans doute. tenir debout et passer sous les arches successives et basses d'un fleuve très noir. au risque d'y perdre ma tête bien sûr d'une claque de béton sur la carotide. je suis dans l'apprentissage sans expertise. à m'enseigner les choses comme à l'enfant et à les ingérer à petites mâchoires et dents de lait. je me fais à l'idée que je n'aurai plus les moyens de la lumière, celle de ces hommes assis en tailleur sur mon sexe et qui songent à des lotus éternels. je suis dans les nectars de l'oubli, dans les miellées d'un goudron coulant. fleuve noir oui. méandres de fiel et de tentacules. même les yeux écartelés, c'est une route aveugle.