poematique expiraTOIre
prendre les mots, les rouler comme un fil sous les doigts.
ne pas les casser
quelque chose des brisants joue en moi avec des ciseaux.
le ciel a déchiré son paquet de guirlandes et les réverbères font la haie mandarine. je passe, un amour à la main dans les couvains de soleils, lustrée, la marche usée à l'endroit de la lumière.
la meule des rêves aiguise la chevelure du jour. je finis moi aussi mon tour de gondole dans les monticules du sommeil, des hiéroglyphes à semer au chalumeau de l'aube.
faire fonte, coulage des entailles au burin des images
je prends les mots. d'un geste des oiseaux en l'air. les roule farines et flocons dans ma paume
ne pas casser le fil léger d'un coeur battu
relever la souffrance comme je lève les yeux. attention.
passer, l'amour à la main dans le chenal de feux et écrire le songe.