Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

poematique expiraTOIre

journal 89

j'essaie les recoins de la maison. c'est ma terre, la seule de cette histoire. je cherche si mon dos, mon ventre vont s'y "encoigner " facilement, éponger les souvenirs,  adhérer à ses esprits.

j'essaie les angles morts, les lieux retirés où peut-être bien jamais personne ne s'est tenu, j'essaie d'y écoper des traces, d'y pondre un oeuf, d'y laisser des plumes, une odeur.

j'essaie les pas du paternel, les escaliers, les poignées de portes. je remonte les courants d'air. prendre posssession demande tellement de palpations, de découvertes aveugles et j'aimerais qu'elle, la maison, me reconnaisse, sa fille extramuros.

depuis que j'y suis, je pousse la dépouille de mon père dehors. je la confine à des cagibis, le garage, des endroits invivables. sa carcasse sans esprit, ses restes qui ne sont maintenant que de la douleur vaine, les miasmes cancéreux du  passé.

j'essaie lentement de passer le chasse-neige dans mes relations gelées, d'en faire un tas à fondre sur le bord de ma route et de remplir ce cube de béton et sans plus d'illusions, de paradis et d'un échantillon d'Eden.

je pousse la défroque, les vieilles odeurs, les mains qui tremblent partout et sa mort à quatre pattes qui s'est figée dans mon monde. je pousse, d'un tas de "chenit" à un tas de feuilles , d'un tas de feuilles à un tas de pleurs, le re-mort, le re-mort qui revient revient revient,  marée sombre sans oiseau.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article