poematique expiraTOIre
Les deux ombres d’un seul baiser Lèvres cousues de nuit dans le bel aquarium du songe Elles se boivent d’une soif inextinguible Entre sable des mers et une pluie de lapis-lazuli Émulsion d’un désir rampant cosmique Si loin que remontent les pointes de...
je n'oublie pas qui tu es ta silhouette dans mes archéologies la mélodie antique des roseaux de Pan je n'oublie pas qui tu es père frère amour ou enfant perdu cette promesse à l'aube de mes morts de ne jamais quitter ton ombre tes odeurs de feuilles et...
une ombre démaille les restes de la nuit une peau rose entre vos doigts filet de chair fuyant dans les rivières soupçon de lèvres poudré gorgé cloqué le rouge est mis le rouge est mis nuance garance galonnée des vieilles luttes tranchant trancheur écaillant...
j’ai froid jusqu’aux oiseaux de n’avoir aucun mot d’amour à dire de les mettre en cage à siffler du silence collection grand hiver avec escarpins dégriffés j’ai froid jusqu’entre les herbes, les graviers, les entraves de marcher à reculons de tout d’étreindre...
l’ombre de mon âme farde furtivement la cour de ta vie le monde tourne et j’arrive un frisson sur ta peau petit glacis mendiant des lumières épousant ton souffle un court instant de vent elle tente de ses serres d’habiter ta lueur mais le monde tourne...
ô la fosse des heures privilège sombre dans le fond de mon ventre comme l'envers du monde l'envers de mon monde je t'écoute avant le temps je t'écoute avant le frôlement avant le vent dans le harnais des arbres j'entends la nuit venir la nuit quand je...
Encore une nuit éclose dans l’œuf du poème sa voix translucide se pose comme un crépuscule je gobe sa transparence mauve mains pleines le vole à d’autre plus vraie que moi le subtilise et le glisse sur ma peau en chemise il voûte le ciel il n’y a plus...
Avez-vous conscience d’amener ma poésie vers sa fièvre dans des cavernes nues de l’acculer à sa limite entre des inquiétudes et des fêtes foraines où on tente de voler sur des chevaux de bois ou des soucoupes ma petite misère tremble s’agite de clochettes...
mélancolie ce souvenir de ce qui n'a jamais été un goût de passé se tenant devant soi un trou de mémoire tant de fois reprisé profanation d'échos sur un très vieux silence le corps se le rappelle, l'âme aux abois pore à pore mot à mot ce parfum d'une...
Mes pas sont d’étranges absences taillées dans du papier à bulles De l’effervescence de gibbon à l’assaut des puces Pétillants talons d’une danse ivre Mes escarpins poinçonnent les trottoirs comme une âme vendue à l’errance Et tandis qu’ils m’étirent...
J’enroule ma vie dans un châle d’aurore Ce soleil pris de face quand tout m’appelle à l’ombre Geste de froid où s’endorment des oiseaux Pour sentir sur ma peau des battements de peau Et ces baisers de bec en poquets de m’aimer J’enroule des veloutés de...
j’entends des grimoires d’oiseaux de la boue d’étincelles agrippant les ombrages de l’eau qui cingle entre des yeux ouverts et la sente grouillante d'un habitat de lierre un vertige d’immortelles bruit dans un fourreau de sang le trafic incessant de mon...
L’œil entame le chemin Fissure la terre et l’asphalte du stylet du graveur Ce qui se voit est S’écrit la vie à côté de la voie Imaginaire Toujours à l’air toujours image Pourtant marqué, le rêve est autre encore Et l’Autre, l’inscriptible Autre, trace...
je cherche dans ma mémoire des graines et des sciures de la semence fraîche à monter les forêts les arbres volent bas et le jour a le front sous ma joue je lime mes fers le silex d'un peu d'amour qui resterait aux orées d'étincelles je cherche je cherche...
dans la nuit tes cheveux tes cheveux dans la nuit tes cheveux tes cheveux gris et noirs dans la nuit tes yeux fauves et noirs ta peau d'or et noire dans la nuit tes fleuves blancs ton pays profond noirs dans la nuit ce jaune noir ce brun ce rouge noirs...
prononcer encore le matin cette rousseur fauve entre des ciels lilas un lâcher de grenaille sur un vol d'alouettes la mitraille d'espoir en claques de moulin l'eau tourne et me puise et je glisse et ça tourne offrir mon corps aux embrasses du vent je...
encore une nuit sans phare pour creuser des tunnels une nuit de réglisse sucée à bout portant et qu'on tient les mains jointes sur de sombres dentelles une nuit orpheline une nuit d'émigrant alourdi de valises étiquetées très loin lourde à s'assoupir...
résister faire ce que personne ne doit faire trangresser parfois ou alors beaucoup par ce qu'on sent qui bouscule qui n'est pas établi ne le sera jamais qui diffère qui déraille car "on n'aime " pas l'ailleurs on n'interpelle pas le lointain on a des...
je vous aime sans doute pour quelques mots jetés en picotin de ciel à semer dans un trou jusqu'à l'extension des territoires intimes et l'invasion de l'eau qui germe à pleine chair je vous aime sans doute à ressentir les failles quand tout s'éboule et...
j'ai une ancre plantée dans ma nuit une ancre de mains ouvertes travaillant le fourbi du naufrage une ancre noire tranchant des étincelles redressant les dérives les amours de tempête l'élan d'un flux de lune force sang et isobare prodige une ancre pour...
Je m’y attends comme à une évidence une raison jurée tout droit des tables de la loi Une inscription de langue dans ma ligne de main Je m’y attends sans doute, sans autre Patientes impatiences Domestiquées dressées se cabrant sous les heures Passerelle...
Écrire très tôt c'est comme tuer la nuit avec des pensées. Toujours cet entre deux. Le plus de nuit le pas de jour et ce versement régulier de mon être dans la machine à moudre. Aucune obscurité ne se ressemble mais les jours se clonent d'une aube à l'autre....
et puis comme une visite à l'improviste un sage touffu de pétales à l'index levé pour faire tourner la lune au chapeau aussi large qu'une colline verte un humain rarissime germé d'un reste de cendre d'une poudre essentielle déboule en canne à pêche il...
je suis comme au siphon d'une tristesse si profonde que j'ai crainte de ne plus revenir les humains ont clôturé mon air du fil à déchirures et mes élans des cadres sur l'étoile quelque chose devrait surgir un peu de vie une aube à éponger le soir une...
mes bras font des estafilades du coup dans l'oeil des sourires fixés à la pincette et de ce regard qui baisse quand le jour le suit le temps n'y peut pas grand chose il a appris à se tenir tout seul bien raide dans sa statue de gemmes une pierre polie...