poematique expiraTOIre
et puis comme une visite à l'improviste
un sage touffu de pétales
à l'index levé pour faire tourner la lune
au chapeau aussi large qu'une colline verte
un humain rarissime
germé d'un reste de cendre d'une poudre essentielle
déboule en canne à pêche
il plante dans mes os
des mouches des libellules bleues et des élytres
fixe le fond de l'eau sur une toile folle
et attend de patience de ferrer les moineaux
il déchire le béton armé de jours
comme un simple papier
brasse les montagnes et éboule des bijoux
il profère son silence et j'entends que c'est tout
ce tout insécure
le piège des oreilles
où un coeur pourrait tenir debout
son village est dans son sac
son pays en chevelure
et la grande caverne de son ventre aux abois
est la place de fête d'un tournois saltimbanque
j'explore cette peau laissée en parchemin
cette odeur de chaux qui le file
blancheur noirceur couleur
traces ou filigranes
pas sans bruits et sans buées
les boues ont séchées les masques du mensonge
la nuit quand il conduit mon van de sorcière
qu'il fend ces fagots d'esclave cerclant le paysage
que sa fatigue le rend nomade lourd
sans attache que les brides du vent
que je suis si petite d'avoirs
si friable roselière
la nuit
se célèbrent des noces d'épaules
en soute de fleuve et de mystère