poematique expiraTOIre
prononcer encore le matin
cette rousseur fauve entre des ciels lilas
un lâcher de grenaille sur un vol d'alouettes
la mitraille d'espoir en claques de moulin
l'eau tourne et me puise et je glisse et ça tourne
offrir mon corps aux embrasses du vent
je dois être l'unique mendiante des tempêtes
dans le flou de douceur des moins que rien de l'air
je choisis ma fenêtre dans des robes écrues
des broderies de seins des lacets de poignets
mes balafres intimes pour uniques bracelets
et me contemple nue
transparente présence dans un bouquet de sangs
prononcer le matin en dialectes étranges
à faire lever des sexes sous des magies humaines
et encenser les corps
balançoires de jardin
épousailles des lèvres et de la main
sans voix
le matin est à l'autre
me nargue d'éternel
son trophée de haute lice gagné à la lance des mots
il vivra ses belles aurores pendu
un athlète de ciel et sa médaille d'or.