poematique expiraTOIre
rêve d’enfantement.. ces femmes dans le monde entier, ma grand-mère. ce ventre plein, ce ventre évidé. (j’ai écrit ventre-plein sans le voir, comme terre-plein, une levée de terre), entrailles pot dans lequel un homme viendra sans répit poser une graine...
le ciel lève le nez pour son bain de soleil je bronze au tamis trou de mémoire sur trou de mémoire les éphélides de demain sortent déjà primeurs fraîches sur le banc des tavelures j’attendrai encore longtemps la semence de tapissier des piqûres d’éphémères...
dans le dos ces gestes nus balbutiés aux fruits d'une bouche un souffle l'envisage à bout de fleuve ventre à dos je frissonne dans le dos cette charge détourant ce vide alourdi de traits à tendre ce noir vêtu d'homme le sillon de son doigt presque à la...
tout le jour j'emporte ta danse vêtue d'encre parfum de peau les mots de ce lierre qui me pousse dans le dos agrafes morsures inscrites de chair ocelles de rivière effeuillant mes eaux tu chuchotes si grave un étonnement un soupir douleur d'âme qu'un...
vous avez glissé entre mes doigts ce billet sans voyage destination lointain très lointain j'ai ciré mon coeur vagabond et poli mes oublis le sac est vide léger comme un coeur de cerise là-bas entre des feuilles et des frênes d'odeur la vie épèle des...
la nuit vous change la vue. il en faut des lucioles pour activer les rêves, bourdonner des intérieurs, des places rouges et des oranges astronomes. toujours sous les paupières pauvres. quelque chose de neuf comme un monde à découvert. tu tires volontiers...
baisser le son. très lointain murmure. mettre ainsi l'éloignement en scène. là-bas, dont je ne saisis ni le message, ni le souffle. malgré tout une vibration. mettre en suspension les présences. tenter de revenir dans le creux, une voix parle au fond...
patine crème le temps entrelacs de mains et lignes de magnésie, coke frénétique à blanchir les nuits et les malentendus plein régime d’efforts pour cajoler nos chaux vives, nos précipités de banquise à la fonte ça urge sur les brûlures les bécarres de...
j'allume la bougie, petit doigt pointant vers les dieux. je brûle. corpus de feux, les jours de cire et d'abeilles la miellée des lumières dans les pollens de la neige j'ouvre la bouche avaler les sabres de glace la transparence des fenêtres le gel au...
quand je me serai couchée seins jardinés pour des tulipes de sang mon dos baisant la terre empreinte d'osselets dans ton chemin d'aiguilles que j'aurai accepté de rejoindre tes graines que je serai dissoute et enfin dénuée quand il me sera facile d'être...
voltige des chrysalides le fleuve respire entre les doigts frelon de paume le cœur courbe à foutre le corps à genoux -prière de mettre une ancre à ce ballon très rouge- sous les doigts fantassins l'abdomen enfante de la soie les arpenteurs mètrent les...
tendre les muscles étirer lentement la peau un grain après l'autre caler son infortune dans le corpus moelleux tirer la couverture effleurer- tirer remettre réajuster son désir de brèves secousses allonger le cou dans l'imposte et passer du côté céleste...
quand il reviendra si un jour il me demander quel quota de paroles il a souffert? quelle rigueur de silences il a endurée tout cela tout cela faire mesure peser mon coeur dans sa main ai-je encore des étreintes pour engrosser ses veines et ses phalanges?...
bras corps souffle épuisement jeu de massacre relevailles sans naissance le vide extensions du monde et ce recroquevillement au centre nous un instant déployés- ensemble et puis rien plus rien déployés ensemble plus ensemble plus déployés plus rien tendues...
durcir les artères avaler le sel des tempes des aisselles du creux du dos celui des effrois secs durcir la voie le rouge en fusil je ne dors plus qu'ainsi à protéger le soufre et la mer durcir tenter les édicules blancs gravier de l'oeil en statues ce...
ma main , la place pauvre déroule ses soifs comme un tapis de caresses il faut ainsi peigner le désert dissoudre l'émeri de verre sous le lin des veines montre-moi visage le secret dépareillé cette fumée d'oiseaux qu'on voit débroussailler le ciel et...
Cherche. Tête chercheuse. Le flair sur la piste, les lettres naviguent en zig zag. Elles me mènent en bateau. C’est la traviole interne. Les pas mal assurés, saoulerie de vinaigre. Je m’étourdis, c’est la seule chose qu'il reste à faire. Y aller, suivre...
plier le genou voici le gradin de lumière le marbre blanc des ciels d'avance gravissement solstice cannelé tant de sillons vers toi attends-moi je murmure attends j'aimerais avoir assez courbé la tête égrené le pavot des supplices semé assez profond de...
laisser une copie de l'instant en guenilles de mots. -ai-je même du fil pour tendre mes destins- savoir ces choses closes dans des limons de rivière - ma vie s'écoule et le pays défait- remettre mon trousseau laisser une quittance de vent à glisser dans...
frictions musicales. l'amour passe par le synthétiseur. voix pâle et blanche qui susurre. écouter le déroulement en clochettes d'un cliquetis de moineaux. le décor est planté. j'ai mon petit mal de dieu dans la poitrine, l'abri du rubis désastreux. il...
serrer la tasse, chaleur providentielle pour mes doigts. le vent glisse à nouveau sous les encadrements des fenêtres, animal têtu butant devant mon refus d'ouvrir. ...ce petit courant d'air qui me grignote le cou! je travaille l'esprit confit de froid....
ô silence, tu miettes partout disloquées ce qui était miracle s'est désenchanté dans la lumière trouble des mirages silence trahi tu as remis au vide le soin de me garder vive silence les cordes que tu tresses au cou font éclore des soupirs derniers,...
..j'ai trafiqué avec l'aube ce matin. j'ai décalé pour voir - pour ça voir- , le zodiaque perturbé, mon sagittaire dans une vénus endormie... cela en dit-il long sur mon ciel ce samedi..? comprends-tu que ce retard de livraison de l'éveil m'oblige à changer...
tournis d'aiguilles. la lumière pique. gyrophare des saleuses. on déblaie le blanc. fraiser un chemin dans les millimètres de flocons qui rendent le sol velu. le ballet des machines pour quelques tranchées bien noires , les aortes du travail qui ne sauraient...
J’étends mes doigts. Craquements de phalanges, je gigote je manipule. Clavier sauvage. Un galop, comme dans le terrain , des doigts sur les touches. À la rotule, au garrot, la course des ongulés de l’écriture. Mes mains dégagent le corral, je frappe....